Bilan mitigé pour la piétonisation des quais à Paris

DR
10 octobre 2017
Par Mikaël Livret
Ni plus ni moins ! Le bilan en demi-teinte sur la qualité de l’air des quais de seine. La piétonisation de la rive droite, décidée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, n'a pas eu d'impact "significatif" sur l'exposition de la population à la pollution de l'air, a indiqué Airparif.

Si les niveaux de pollution ont légèrement baissé sur les quais, autours, selon Airparif, c’est une autre histoire ! La piétonnisation de la rive droite de la Seine, décidée par la maire de Paris, Anne Hidalgo, n'a pas eu d'impact «significatif» sur l'exposition de la population à la pollution de l'air, a indiqué lundi Airparif. Dans un communiqué, l'organisme de surveillance de la qualité de l'air d'Ile-de-France note «une amélioration de la qualité de l'air le long des quais fermés à la circulation». Mais les niveaux de dioxyde d'azote restent malgré tout «au-dessus des valeurs réglementaires comme pour beaucoup d'axes routiers dans l'agglomération parisienne», insiste-t-il. 

Les mesures montrent également «une légère dégradation autour des carrefours dans cette zone et à l'Est, dès la fin de la zone piétonnière». Airparif note également des impacts «perceptibles sur quelques itinéraires de report». Mais de manière générale, «ils ne touchent pas la pollution de fond et restent limités aux abords des axes routiers concernés. De ce fait, aucun impact significatif sur l'exposition des populations n'a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse», estime l'organisme. 

Les augmentations sur quelques grands axes sont "possiblement liées à la piétonnisation

L'étude de l'organisme de surveillance de la qualité de l'air d'Ile-de-France s’appuie sur deux campagnes de mesure, l’une hivernale et l’autre estivale. Les mesures cet été ont montré une "amélioration globale" de la qualité de l'air le long des quais dans le centre, jusqu'à -25% de dioxyde d'azote, mais une dégradation jusqu'à -15% en sortie de la zone piétonne et une dégradation plus limitée sur des itinéraires de report comme le boulevard Saint-Germain.

À l'échelle de la Métropole, toutes les variations de pollution, notamment les augmentations constatées sur l'A3 ou l'A4, au-delà de Villiers-sur-Marne, ne peuvent être attribuées à la fermeture des berges de la Seine, affirme Airparif. Toutefois, les augmentations de +1% à +5% sur quelques grands axes routiers en banlieue comme l'A4, A86 et A13 sont "possiblement liées à la piétonnisation", ajoute l'organisme. Les résultats de la campagne hivernale, publiés en mars, étaient relativement similaires.

La mairie de Paris se réjouit

La mairie a salué le fait que «la piétonnisation de la rive droite n'a pas eu d'effet négatif sur la qualité de l'air» et qu'«au contraire, les niveaux de pollution dans la zone concernée ont baissé jusqu'à 25%». «C'est une bonne nouvelle, qui confirme une fois de plus que le parc Rives de Seine constitue un vrai espace de respiration pour les Parisiens et les visiteurs», s'est réjoui dans un communiqué Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports. Evoquant la hausse de la pollution à proximité des voies sur berge piétonnisées il a souligné qu'elle reste «très localisée».

«Néanmoins, nous ne nous en satisfaisons pas. Nous renouvelons notre proposition de créer un bus à haut niveau de service sur les quais hauts. Paris est prête à conduire les aménagements de voirie nécessaires, mais Valérie Pécresse (la présidente LR de la région, ndlr) et le Conseil régional, en charge des transports en commun, doivent confirmer qu'ils prendront bien leur part dans ce projet», ajoute-t-il.

Voulue pour lutter contre la pollution de l'air et redonner aux piétons et vélos l'usage de ces berges de la Seine, la fermeture de la voie Georges-Pompidou, très contestée, interdit depuis l'automne 2016 aux voitures 3,3 km du quai bas le long de la Seine, de l'entrée du tunnel des Tuileries (1er arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (4e arr). Selon Airparif, 77,7 milliards de kilomètres sont parcourus chaque année en Ile-de-France et la voie Georges-Pompidou «représente 0,16% du kilométrage francilien». Il y a encore du chemin à faire..