Des chauffeurs VTC dénoncent de fausses plaintes de clients radins

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22 décembre 2017
Par Mikaël Livret
Des clients d’Uber ont-ils déposé de fausses plaintes pour se faire rembourser leur course ? Un chauffeur VTC estime être accusé à tort d’avoir commis un acte à caractère sexuel. Il a saisi le parquet de Paris.

Un cas loin d’être isolé selon un syndicat.
Fausses dénonciations ou arrangements avec la réalité, un syndicat de VTC dénonce les pratiques de certains clients pour se faire rembourser des courses à moins de 10 euros.

"J'ai été victime de dénonciation d'un délit imaginaire", en l’occurrence de s'être masturbé devant une cliente, a déclaré à la presse Daniel, qui affiche 7.000 courses à son compteur depuis le début de sa collaboration avec Uber, en février 2016.

Son compte a été suspendu pendant 3 jours avant d'être réactivé par la plateforme de réservation. "Surpris et choqué", il a saisi le procureur du TGI de Paris pour porter plainte contre X, ne connaissant pas l'identité de la cliente.

Une plainte déposée

La CFDT-VTC a porté plainte et a fait état, jeudi, de la hausse de ce type de "dénonciations calomnieuses" émanant de clients. "Dix-sept chauffeurs se sont rapprochés de nous en quatre jours" pour des faits similaires, a rapporté Fabian Tosolini de la CFDT-VTC.

L'objectif selon l'organisme, obtenir le remboursement de leur course. Le syndicat croit le chauffeur innocent car il a été reconnecté très rapidement à la plateforme, aucune plainte n'a été déposée contre lui et lui-même veut "aller jusqu'au bout" pour prouver son innocence.

"Même quand ça coûte 5,70 euros, (des clients) trouv(ent) des subterfuges pour ne pas payer les courses", a-t-il affirmé. Or, derrière les fausses accusations il y a de vraies "conséquences sur l'emploi, la rémunération et le moral".

Un "panel d'appel" consultatif

Interrogé sur ce cas particulier, Uber répond : "par précaution, après avoir reçu une plainte, nous pouvons suspendre temporairement un compte jusqu'à ce que le problème soit résolu", selon des "critères de désactivation" inscrits dans une "Charte de communauté Uber".

Par ailleurs, la plateforme met en avant un "panel d'appel", consultatif, constitué de chauffeurs volontaires "sélectionnés au hasard", chargé depuis juin d'examiner les cas de chauffeurs estimant avoir été désactivés à tort.