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Des discriminations relevées dans les banques et les assurances

23 novembre 2017 à 10h12 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Pixabay

C'est une étude inédite que dévoile aujourd'hui SOS Racisme. Elle porte sur les discriminations en France, qu'elles soient liées à l'âge, au lieu de résidence, au sexe ou à l'origine ethnique. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont envoyé 15 000 demandes à des opérateurs jamais testés comme les banques, les assurances ou les complémentaires santé.

À partir de six profils fictifs aux âges, origines et lieux de vie différents, une enquête dévoile les différentes discriminations pratiquées par les établissements bancaires et les sociétés d'assurance. Un jeune homme "des quartiers" a moins de chances d'obtenir un crédit pour acheter une voiture. Voilà l'un des constats réalisés à l'issue d'une étude de SOS Racisme et du CNRS dévoilée jeudi dans le domaine de la banque et de l'assurance. 

Les chercheurs ont eu recours à la méthode du "testing" pour leur enquête auprès de plus de 70 entreprises à l’aide de six profils caractéristiques : un homme de 22 ans "d'origine française", une femme de 22 ans d'origine française, un homme de 22 ans "d'origine africaine", une femme de 22 ans d'origine africaine, un homme de 22 ans d'origine française résidant dans un "quartier politique de la ville" (donc populaire) et un homme de 42 ans d'origine française. Chacun de ces "personnages" a ensuite présenté un dossier similaire aux différentes entreprises testées.

Le jeune homme habitant un "quartier" a un accès plus limité à ces assurances

L'assurance automobile apparaît ainsi moins accessible au jeune des quartiers. Les six profils ont envoyé des demandes à 38 établissements d'assurance automobile. Selon leurs réponses, le jeune homme habitant un "quartier" a un accès plus limité à ces assurances (78,9% de réponses positives contre 86,8% en moyenne pour les autres profils). Par ailleurs, les tarifs qui lui sont proposés sont plus élevés (681,40 euros en moyenne) que ceux des autres candidats (621,20 euros). 

Des complémentaires santés plus chères aussi pour les plus âgés. Sur 312 demandes envoyées à 52 complémentaires santés, les réponses positives sont nombreuses. Pourtant la jeune femme "d'origine africaine" en a reçu un peu moins (86,5% contre 88,5% pour la jeune femme d'origine française). Mais la plus grande différence s'opère sur l'âge des "clients". L'homme de 42 ans devrait payer 460 euros par an pour souscrire un contrat que le jeune homme de 22 ans ne payerait que 290 euros. Une discrimination qui s'appuie sur "l'estimation d'un risque plus élevé compte tenu de l'âge du candidat". 

En revanche, la tendance s'inverse face à un crédit à la consommation. Sur les 20 établissements testés, le candidat de 42 ans a reçu 65% de réponses positives tandis que les plus jeunes n'en ont eu que 30 à 40%. Malgré cette facilité d'accès, le candidat le plus âge paye ensuite plus cher son crédit.