L’automédication peut être dangereuse

Commons.wikimedia.org
14 novembre 2017
Par Mikaël Livret
Vous avez attrapé un coup de froid ? Votre premier réflexe sera peut-être d'aller vous acheter à la pharmacie un anti-rhume ou une pastille pour la gorge. Mais attention, sur 62 médicaments sans ordonnances les plus vendus, près de la moitié sont à proscrire selon une étude de 60 millions de consommateurs. Le magazine juge que le rapport risque/bénéfice est défavorable.

C’est un reflexe presque commun. L'automédication est un mécanisme adopté par des millions de Français. Avec l'hiver, les rhumes, gastro et autres maux de gorge sont de retour et pour se soigner, certains Français préfèrent passer l'étape médecin et se rendent directement en pharmacie pour acheter des médicaments disponibles sans ordonnance. Depuis plusieurs années, spécialistes et associations mettent en doute les effets bénéfiques de ces médicaments.

Dans son hors-série, « Se soigner sans ordonnance », 60 Millions de consommateurs a évalué 62 médicaments parmi les plus vendus en libre service en pharmacie. Le bilan est loin d'être positif. En effet, selon le magazine, près d’un médicament sur deux (45%) est à proscrire puisque le rapport bénéfice/risque est défavorable en automédication.

33% des médicaments sont jugés passables par le magazine, qui explique que leur efficacité est faible ou non prouvée, mais sont généralement bien tolérés. Enfin, seulement 21% des médicaments évalués sont à privilégier pour leur rapport bénéfice/risque favorable.

Surdosage et effets indésirables

Parmi les médicaments à proscrire, toujours selon 60 Millions de consommateurs, se trouvent des médicaments très prisés, qui bénéficient souvent d'une publicité importante à la télévision et en pharmacie.

"Leur point commun : un cocktail de 2 à 3 composés actifs : un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l’ibuprofène (mal de tête). Ces tout-en-un cumulent des risques de surdosage et d’effets indésirables gravissimes (accidents cardio-vasculaires, neurologiques, vertiges…)", explique l’association de consommateurs. Bien souvent, les effets indésirables sont méconnus du public. Toutefois, les consommateurs peuvent signaler ces effets indésirables sur le site Signalement-sante.gouv.fr, mis en place cette année. 

« Plus il y a de substances actives, plus les risques et les contre-indications sont importants »

60 Millions de consommateurs conseille d'éviter les médicaments qui contiennent plus d’un composé actif. "Plus il y a de substances actives, plus les risques et les contre-indications sont importants. Mieux vaut prendre un médicament spécifique au problème. Par exemple, du paracétamol en cas de fièvre ou de mal de tête", détaille le magazine.

Il est également recommandé de bien se renseigner sur les caractéristiques du médicament. Si les notices ne sont pas toujours lisibles, il est possible d'avoir un résumé précis, sur un site destiné normalement aux professionnels de santé.

La liste des médicaments à bannir selon 60 Millions de consommateurs

Sur les 62 médicaments étudiés, 28 comportent un rapport bénéfice/risque défavorable. 

Rhume. Actifed Rhume, Actifed Rhume Jour & Nuit, Dolirhume Paracétamol et Pseudoéphédrine, Nurofen Rhume, Rhinadvil Rhume ibuprofène/pseudoéphédrine, HumexLib paracétamol chlorphénamine.

Toux. Bronchokod sans sucre toux grasse adultes, Exomuc toux grasse orange, Fluimucil expectorant sans sucre orange, Humex toux sèche oxomémazine sans sucre, Mucomyst toux grasse orange, Toplexil sans sucre.

Mal de gorge. Angi-spray mal de gorge, Colludol, Drill, Drill miel rosat, Hexaspray, Humex mal de gorge lidocaïne-benzalkonium, Strefen sans sucre, Strepsils lidocaïne, Strepsils miel citron.

Etat grippal. Actifed états grippaux, Doli état grippal, Fervex état grippal.

Diarrhée. Ercéfuryl. 

Constipation. Dulcolax, Pursennide.