Les pervenches 2.0 arrivent à Paris

Commons wikimedia
07 décembre 2017
Par Mikaël Livret
Il sera difficile pour les allergiques du parcmètre de passer à travers. La Mairie de Paris va mettre en service à partir du 1er janvier prochain son nouveau dispositif. Des scooters et voitures électriques équipés de camera qui pourront scanner près de 1.000 plaques à l’heure sillonneront la capitale.

Nouveau look pour une nouvelle méthode de verbalisation. Les agents de surveillance de la Ville de Paris (ASP) laissent tomber les uniformes marines pour des gilets gris des nouveaux « contrôleurs du stationnement payant » ! Préparez-vous à les voir débarquer sur les trottoirs, petit ordinateur tactile à la main, pour vérifier si vous avez bien payé votre place à l’horodateur.

À partir du 1er janvier 2018, la Ville délègue à deux entreprises privées, Streeteo (filiale des parkings Indigo) et CSV (Urbis Park et Egis) la gestion des 150 000 places de stationnements dans les rues de Paris. Ce mercredi, la Ville de Paris a organisé une première démonstration du savoir-faire de ces nouveaux poseurs de prunes.

260 pervenches 2.0

Fini le carnet de papillons en papier, ces nouveaux contrôleurs recrutés dans le privé sont équipés de technologies dernier cri. Principales nouveautés de ces quelque 260 pervenches 2.0 : un assistant personnel (PDA), sorte de smartphone amélioré, dans la poche, et surtout, des véhicules électriques (scooter, voitures) « flasheurs » de plaque d’immatriculation en assistance.

« Ces véhicules vont aider à améliorer le travail des agents, en cartographiant la Ville de Paris, explique Christophe Laumet, directeur du projet pour Egis. On va savoir où sont stationnés les usagers, et s’ils ont payé leur stationnement. » Une dizaine de véhicules électriques, équipés de ces systèmes de prise de vue « LAPI » (lecture automatique de plaques d’immatriculation), vont sillonner les rues de la capitale.

Entre 800 et 1 500 plaques flashées par heure !

Avec leurs radars et appareils photo qui prennent des centaines de clichés à la seconde, les plaques sont identifiées. Comme il faut désormais entrer son numéro d’immatriculation en payant à l’horodateur, les plaques scannées sont envoyées vers un serveur central, qui vérifiera instantanément si l’automobiliste a payé ou non, ou s’il a dépassé son temps de stationnement.

Un scooter LAPI avançant à 20 km/h peut flasher de 800 à 1 000 plaques par heure, une voiture de 1 000 à 1 500 ! Un système très performant qui ne se heurte qu’à une difficulté : les voitures « à touche-touche » dont on ne peut pas lire les plaques. « Il faut 10 cm d’écart entre deux véhicules pour bien lire, explique Christophe Laumet. Mais il est rare qu’une voiture soit serrée des deux côtés… » Et comme les caméras LAPI flashent devant et derrière le véhicule, difficile d’y échapper.

Seul répit pour les resquilleurs : ces flasheuses n’envoient pas directement les « FPS » (les nouveaux PV), mais font du « repérage », indique Christophe Laumet. Charge ensuite à un contrôleur de se rendre sur place pour constater de visu le non-paiement. En scannant la vignette Crit’Air sur le pare-brise, ou, s’il n’y en a pas, en rentrant la plaque d’immatriculation à la main. Ensuite, l’agent délivrera un petit papier en forme de ticket de caisse sur le pare-brise. Pour l’instant, ce n’est qu’un avertissement en pleine phase de test. Mais à partir du 1er janvier, ce sera 50 €.