Les voitures à essence bannies de Paris en 2030

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12 octobre 2017
Par Mikaël Livret
Après le diesel, l’essence est dans le collimateur de la mairie de Paris. La capitale veut éradiquer les véhicules au sans plomb d’ici 2030. C’est 10 ans plus tôt que l’objectif du gouvernement. La décision doit être prise en conseil de Paris dans un mois.

La mairie de Paris poursuit ses mesures fortes pour remplir son engagement de limiter la place de la voiture en ville. Après avoir annoncé la fin des voitures roulant au diesel en 2024, les véhicules à essence pourraient être interdits dans les rues de la capitale en 2030. La mesure a été annoncée mercredi 11 octobre lors d'un comité de pilotage du plan climat de la ville, qui réunit 70 représentants des groupes politiques.

Pollution de l'air : 3e cause de mortalité

Comme Copenhague et Berlin, la municipalité de Paris s'est engagée, au moment de la COP21, à être neutre en carbone et à soutenir la transition vers une énergie 100% renouvelable d'ici 2050. Ces mesures sont censées réduire la pollution de l'air, qualifiée cette année comme troisième cause de mortalité en France par Santé publique France. Les 5 et 6 novembre prochains, les mairies d'arrondissement discuteront de l'interdiction des voitures à essence dans la capitale en 2030. Un débat en séance au Conseil de Paris est programmé autour du 20 novembre.

Paris, comme d'autres capitales européennes (Copenhague, Berlin), s'est engagée à afficher une empreinte carbone neutre et à s'appuyer sur 100% d'énergies renouvelables d'ici 2050. Pour y arriver, un ensemble d'actions devrait entrer en vigueur en 2030. L'interdiction des voitures à essence en ferait partie. Objectif atteignable pour Anne Hidalgo et son cabinet, d'autant que 60% des Parisiens ne possèdent pas de voiture, sans toutefois penser aux 9 millions de banlieusards qui pourraient ne plus pouvoir se déplacer dans la capitale.

Les ménages les plus modestes vont bénéficier d'une prime

Comment convaincre les automobilistes d'abandonner leur voiture ? C'est tout l'enjeu du plan climat, qui table sur l'émergence de véhicules électriques et sur un réseau de transports en commun plus efficace grâce aux projets du Grand Paris.

Sur le plan national, le ministre de la Transition écologique avait annoncé en juillet dernier «la fin de la vente» des voitures diesel et essence d'ici à 2040. Nicolas Hulot avait aussi reconnu la difficulté de cet objectif, notamment pour les constructeurs automobiles. Pour accompagner les Français dans cette révolution, les ménages les plus modestes vont bénéficier d'une prime pour se débarrasser de leurs voitures polluantes au profit d'un véhicule plus propre.