Petite révolution pour les riverains de l’autoroute A4

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14 septembre 2017
Par Mikaël Livret
Plus de 4 000 tonnes d’un nouvel enrobé anti-bruit viennent d’être posés dans les deux sens au niveau de Charenton le Pont. Des travaux identiques vont démarrer non loin de là au niveau de Joinville le Pont. Si les tests s’avèrent concluant ce nouveau bitume pourrait se retrouver sur d’autres portions de routes de la région.

Un revêtement pour limiter les nuisances sonores. Sur le papier c’est une solution efficace pour les riverains des axes routiers les plus passants de l’Ile-de-France. Depuis cet été, les engins de chantier s'activent sur l'autoroute A4, au niveau de Charenton-le-Pont et Saint-Maurice (Val-de-Marne), aux portes de Paris. Sur un tronçon de trois kilomètres, 4.500 tonnes d'enrobés anti-bruit ont été posés pour limiter les nuisances sonores provoquées par le passage des voitures. L'opération aura nécessité seize nuits de travaux fin juin puis fin août-début septembre, pour éviter de gêner la circulation.

Le lieu de cette expérimentation - une première en Ile-de-France - n'est pas dû au hasard. Ce morceau d'autoroute combine un trafic dense, avec le passage de 250.000 véhicules par jour sur les dix voies de circulation dans les deux sens, avec la présence de nombreux logements.

Réduire le niveau de 5 décibels

L'idée est d'expérimenter le dispositif pendant trois ans, afin d'en dresser le bilan global sur la réduction du bruit perçu par les riverains et sur la tenue du matériau sur la chaussée. Avant l'intervention, le niveau sonore atteignait un peu plus de 70 décibels à certains moments le jour et à certains endroits en façade des immeubles. L'objectif est de diviser par trois l'énergie sonore émise au contact des pneus sur la chaussée. « Nous voulons réduire le niveau de 5 décibels », dit-il. Tout l'enjeu est de savoir aussi si ce revêtement phonique, sur le long terme, tient sur la chaussée et conserve le même niveau d'efficacité.

Pour réduire les nuisances sonores, l'installation de murs anti-bruit - comme c'est le cas sur la partie traversant Saint-Maurice - ou la couverture partielle de l'autoroute, ont été étudiées. Les coûts seraient compris entre 100 et 160 millions d'euros. Et en termes de travaux - fermeture à la circulation, espaces contraints de chantier -, la faisabilité technique n'est pas simple.

Plan « anti-bouchons »

D'ici la fin de cette année, trois autres sections d'autoroutes et routes nationales franciliennes, qui représentent 9 kilomètres au total, vont subir le même sort, sur la RN13 au niveau de Saint-Germain-en-Laye, sur l'A6 à L'Haÿ-les-Roses et Chevilly-Larue, et sur l'A4/A86 au niveau de Joinville-le-Pont. Le traitement de ces trois tronçons coûtera 5,8 millions d'euros.