Quatre salariés devant les prud’hommes pour une barbe trop longue

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14 décembre 2017
Par Mikaël Livret
Le conseil des prud’hommes de Bobigny doit se prononcer ce jeudi sur le licenciement de 4 agents de sûreté de confession musulmane. En novembre 2015, la société Sécuritas les avaient remercié parce qu’ils avaient refusé de raser leur barbe, jugée trop longue.



La société Securitas s'est-elle rendue coupable de discrimination religieuse en licenciant, juste après les attentats du 13 novembre, quatre agents de sûreté de l'aéroport d'Orly de confession musulmane qui refusaient de raccourcir leur barbe ? Le conseil de prud'hommes de Bobigny a examiné jeudi dernier l'affaire au fond. Et rend son jugement ce jeudi, vers 13h30.

Les quatre demandeurs, des trentenaires qui étaient employés en CDI depuis huit ou neuf ans dans l'entreprise, réclament 40.000 euros d'indemnité pour licenciement sans cause réelle ni sérieuse et 10.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination religieuse.

Quelques jours après les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts, Securitas Transport Aviation Security (STAS) avait convoqué une vingtaine de ses salariés ayant en commun de porter une barbe jugée trop longue, pour leur demander de se conformer au référentiel vestimentaire de l'entreprise. Celui-ci stipulait  que les "barbes, boucs ou moustaches" devaient être "courts, taillés, soignés et entretenus". Quatre d'entre eux ayant refusé de s'y plier, ils avaient été mis à pied puis licenciés pour "faute grave".