Un ancien colonel des pompiers mis en examen

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10 novembre 2017
Par Mikaël Livret
Rattrapé par la justice, le colonel Duflos a été mis en examen par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de l’affaire des diplômes falsifiés délivrés au centre de secours de Marines (Val-d’Oise).

Il falsifiait des diplômes pour aider des migrants. Un an après son exclusion définitive du centre de secours de Marines (Val-d’Oise), son ancien chef, le colonel Philippe Duflos, est à nouveau rattrapé par la justice. Le sapeur-pompier, ancien responsable du service de prévention du Val-d’Oise, a été mis en examen par un juge d’instruction du tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour des faits « de complicité d’aide au séjour irrégulier en bande organisée » et « corruption passive ».

Dans le cadre de l’affaire des diplômes bidons délivrés au centre de secours de Marines, la justice le soupçonne d’avoir été au cœur d’un vaste réseau qui facilitait l’obtention de titres de séjour. Un trafic qui lui aurait rapporté entre 10 000 € et 20 000 € par mois.

Obtenir le diplôme contre quelques centaines d’euros

Le scandale avait éclaté à la suite d’un reportage d’Envoyé Spécial diffusé le 31 mars 2016 sur France 2. Le journaliste, qui filmait en caméra cachée, s’était fait passer pour un candidat qui s’apprêtait à passer l’examen service de sécurité incendie et assistance aux personnes (Ssiap), en compagnie d’une trentaine d’autres aspirants. Il montrait ainsi qu’il était possible d’obtenir le diplôme contre quelques centaines d’euros.

Sur les images, on pouvait voir un membre de l’organisme remettre à chacun un boîtier électronique afin de répondre aux questions à choix multiples. « Pas besoin de réviser, l’homme nous donne les bonnes réponses », témoignait le journaliste. En à peine dix minutes, le test était terminé. Une feuille de présence était remise aux candidats avec quinze dates correspondant aux quinze jours de formation fictive. L’officier sapeur-pompier remettait ensuite les attestations aux fraudeurs. Bien qu’aucun nom n’ait été donné, les sapeurs-pompiers valdoisiens avaient rapidement reconnu la caserne de Marines et l’officier en question.

Cinq pompiers suspendus

En octobre 2016, le conseil de discipline de la direction du Service départemental d’incendie et de secours du Val-d’Oise, à Neuville-sur-Oise, avait prononcé l’exclusion du colonel Duflos. Au terme de l’enquête administrative menée par l’Iga (Inspection générale de l’administration), cinq pompiers dont le chef du centre de secours de Marines, avaient été suspendus à titre conservatoire dans l’attente du conseil de discipline.

Celui-ci avait également prononcé une exclusion temporaire de deux mois à l’encontre d’un pompier volontaire qui tenait la trésorerie de l’amicale. Aucune sanction n’avait toutefois été demandée à l’encontre des trois autres pompiers volontaires.