Un migrant vient au secours d’une francilienne harcelée dans un train

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27 décembre 2017
Par Mikaël Livret
Cette famille de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) est devenue amie avec un jeune Soudanais de 22 ans qui a tenu compagnie à leur fille de 20 ans, harcelée dans un train de banlieue. Elle recevait des messages menaçants d’un inconnu dans le train.

Une belle histoire. Ibrahim, un migrant soudanais de 22 ans, est intervenu il y a quelques jours dans un train de banlieue, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). Une jeune femme de 20 ans, apeurée, est alors harcelée par un inconnu.

Ce soir du 11 décembre, elle rentre de Paris en train, vers 21h30. Elle échange des textos avec une amie quand celle-ci lui envoie une inquiétante capture d’écran. «Quelqu’un lui avait écrit : dit à ta copine que je suis juste à côté d’elle et que je vais lui voler son téléphone», se souvient la jeune femme.

« Il continuait de me décrire et de dire qu’il me voyait toujours »

Dans le wagon bondé, impossible de savoir qui l’observe. «Il a certainement réussi à lire le numéro de l’amie avec qui je parlais», en déduit l’étudiante dans les colonnes du Parisien. Les messages se succèdent et la panique envahie la jeune femme.

Elle prévient alors sa mère au téléphone, change de wagon et de place mais l’agresseur semblait toujours suivre sa proie. «Il continuait de me décrire et de dire qu’il me voyait toujours, raconte-elle. Je suis allée m’asseoir dans un carré où il y avait du monde et j’ai demandé aux gens où ils descendaient.»

« Je vais essayer d’aider Ibrahim pour qu’il puisse rester »

Par chance, Ibrahim descend justement à la même station qu’elle. «Quand j’ai vu qu’elle était paniquée j’ai voulu l’aider, rapporte-t-il. Je suis resté avec elle pour qu’il ne lui arrive rien.» Le jeune homme est accueilli au centre d’hébergement d’urgence de Saint-Ouen-l’Aumône depuis près de trois mois, mais devrait quitter le pays dans les semaines à venir.

«Nous sommes allées au centre pour raconter au directeur ce qu’avait fait Ibrahim, explique la mère de famille. Je trouvais important d’en parler car les gens ont des a priori sur les migrants.» Elle va même plus loin. «Je travaille pour des associations et je vais essayer d’aider Ibrahim pour qu’il puisse rester en France», promet-elle.