Une prime pour les agents de mairie sauf pour les femmes enceintes et les grévistes

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21 décembre 2017
Par Mikaël Livret
Le conseil municipal d'Argenteuil (Val-d'Oise) a voté mardi 19 décembre l’instauration d'une prime d'assiduité. L'objectif de la mairie est de réduire l'absentéisme. Mais pour l’obtenir, mieux vaut ne pas être enceinte, gréviste, ou même malade…

La prime doit être instaurée dès le 1er janvier 2018, mais elle fait déjà grincer des dents. 500 euros bruts par an et par agent, voilà ce que propose la ville d'Argenteuil (Val-d'Oise) en échange d'une assiduité parfaite. Car cette prime est dégressive : chaque jour d'absence, ce sera 25% de moins dans la poche. Ce qui signifie qu'au bout de quatre jours, un agent absent n’aura pas sa prime.

« Ceux qui supportent la charge de travail seront gratifiés »

"C'est une prime supplémentaire, précise le maire LR Georges Mothron lors de la présentation de la délibération en conseil municipal. Ceux qui supportent la charge de travail seront gratifiés". Comme Argenteuil, plusieurs communes veulent augmenter le taux de présence de leurs  agents, diminuer les arrêts de travail, éviter les arrêts maladie ou les absences ponctuelles.

« Une femme qui tombe enceinte en mars aura la double peine »

Les femmes enceintes, les grévistes, les accidents du travail seront exclus de cette prime, c'est amoral et injuste selon les syndicats. Cette "carotte ou prime à la présence" s'apparente plus à un bâton. Peu d'agents toucheront en réalité ces 500 euros bruts par an.   

Dans l'opposition, la question de la légalité de cette mesure est posée. Quant aux absences pour maternité, Frédéric Lefebvre-Naré (MoDem, opposition municipale) ajoute : "Donc une femme qui tombe enceinte en mars aura la double peine, pas de prime pendant deux ans puisque sa maternité sera à cheval sur deux années, c'est inacceptable".