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Concert-test : la société Datakalab va analyser le port du masque par les spectateurs de l’Accor Arena

28 mai 2021 à 11h30 Par Mathieu Message
L'Accor Arena de Bercy accueillera son premier concert depuis mars 2020.
Crédit photo : U2start

La startup française Datakalab, spécialisée dans l’analyse d’images, sera chargée de contrôler si les 5 000 spectateurs présents au concert-test d’Indochine du 29 mai, portent correctement le masque à l’Accor Arena de Bercy.

Datakalab, startup française spécialisée dans l’analyse d’images, sera chargée de contrôler si les 5 000 spectateurs présents au concert-test d’Indochine portent correctement le masque à l’Accor Arena de Bercy. Après avoir expérimenté le système avec la RATP, pour contrôler le bon respect du port du masque à la station Châtelet-Les Halles, Datakalab a signé un partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP) pour mettre ses systèmes de vision par ordinateur à contribution lors du concert-test d'Indochine.

Analyser une vidéo en respectant l'anonymat

Le but de cette opération est de pouvoir visualiser, quasiment en temps réel, le nombre de personnes présentes dans la salle et de déterminer si le masque est bien porté ou non. Si l'analyse se fait à partir des images fournies par les caméras disposées dans l'Accor Arena, ce n'est pas la vidéo qui est importante, mais surtout les mouvements effectués et détectés sur cette vidéo.

Xavier Fischer, PDG de Datakalab, insiste sur le fait que l'anonymat des personnes présentes est préservé : "Dans ce qu'on va faire, aucune image n'est stockée. On traite les images, et ce qu'on garde c'est uniquement une statistique. Par exemple, 102 personnes sont passées et 97% portaient leurs masques. On veut protéger la vie privée et qu'il n'y ait aucune notion d'identité."

Écouter le podcast

Si environ 72 millions de données vont être analysées ce samedi soir lors du concert-test, l'algorythme va faciliter le traitement de données. Au final, le procédé d'analyse se présente assez simplement : "Les personnes filmées vont avoir 3 degrès de couleurs. Rouge signifie que le masque n'est pas porté du tout, donc en-dessous du menton. Orange signifie qu'il est moyennement porté, en-dessous du nez. Et vert signifie qu'il est parfaitement porté. Le logiciel indique où est le visage et ensuite définit où se situe le masque."

Donner une tendance pour les futurs concerts

Les statistiques établies à l’issue de l’événement ont vocation à venir alimenter un essai clinique pour comparer le risque de contamination entre deux groupes de personnes réparties de façon aléatoire : les 5 000 participants au concert et un groupe "contrôle" de 2 500 personnes n’y assistant pas. Cette étude permettra aussi de déterminer les durées et jauges nécessaires lors des concerts ou manifestations culturelles organisés dans les mois à venir.

Xavier Fischer explique qu'ils ne sont qu'un rouage de cette expérience inédite : "On donne les données à l'APHP, qui les traiteront par la suite. On donne deux chiffres : le nombre de personnes détectées sur un temps donné et le taux de port de masque. On détecte les gens positionnés dans le champ des caméras et assez proches pour être exploités. Si on se rend compte qu'au bout d'1h20 le masque commence à être moins présent de manière statistique, alors il sera éventuellement préconisé qu'un concert ne devra pas dépasser plus d'une heure. C'est un processus aussi pédagogique, pour informer les gens."

Écouter le podcast

Tous les participants à l’étude seront aussi testés dans les trois jours suivant le concert afin de contrôler le risque de transmission et la génération de cluster lors de l’événement.