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Info locale

Deux islamistes radicaux projetaient un attentat en prison

10 octobre 2017 à 10h19 Par Mikaël Livret
Crédit photo : DR

Un attentat a été déjoué en prison. C’est une première en France. Deux détenus radicalisés de 28 et 22 ans incarcérés à Fresnes (Val-de-Marne) projetaient de passer à l’acte à leur sortie. Les policiers et les surveillants pénitentiaires étaient visés. Ils communiquaient avec au moins une personnes en Syrie via une messagerie cryptée.

Ils projetaient un nouvel attentat terroriste en France. Charles-Henri un Camerounais de 28 ans et un Maxime, Français de 22 ans ont été mis en examen vendredi 6 octobre par un juge antiterroriste. Ils sont soupçonnés d'avoir envisagé, depuis leur cellule de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), où ils étaient incarcérés, un projet d'attentat.

"Ces deux islamistes radicaux voulaient monter un groupe de combattants avec la volonté de monter en puissance par le biais de diverses actions, à l'extérieur de la prison, ciblant entre autres des policiers et des surveillants de prison", a expliqué une source proche de l'enquête.

Extraits de leur cellule la semaine dernière, ces deux hommes connus pour leur radicalisation en prison et incarcérés pour des faits de droit commun, ont été entendus en garde à vue pendant quatre jours. Présentés ensuite à un magistrat antiterroriste, ils ont été mis en examen vendredi dernier pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et de nouveau placés en détention provisoire, a précisé une source judiciaire.

Parmi les cibles possibles les surveillants ou un commissariat

Le plus agé, décrit comme un meneur par l'une des sources proches de l'enquête, était suivi depuis fin 2016 par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les investigations ont montré également qu’il avait été en contact avec une personne présente dans la zone irako-syrienne, via une messagerie cryptée.

"Les deux hommes ont aussi eu des échanges en détention au cours desquels ils évoquaient un projet de passage à l'acte, qu'ils auraient eu à l'extérieur de la prison, mais sans que ce projet n'ait été encore précisément défini sur le choix de la cible", a expliqué une autre source proche de l'enquête, confirmant que "différentes cibles" étaient évoquées, comme un commissariat ou le personnel pénitentiaire après leur future libération.

Une libération qui devait intervenir dans les 15 prochains jours pour les deux suspects. Incarcéré pour un braquage depuis 2013, Charles-Henri, 28 ans devait en théorie être relâché ce mardi. Son complice présumé, Maxime, en prison depuis 2014 pour une tentative de meurtre, devait l’être la semaine prochaine.

Un complice présumé arrêté

La section antiterroriste du parquet de Paris avait ouvert une enquête il y a plusieurs mois. Les enquêteurs de la DGSI ont procédé à l'interpellation des suspects alors qu'un Réunionnais de 44 ans en lien avec les deux détenus "projetait de se rendre en métropole pour apporter un soutien logistique aux deux détenus", a ajouté une autre source proche de l'enquête.

Le Réunionnais a pour sa part été récemment mis en examen pour "apologie publique d'actes de terrorisme, par le biais de messages adressés sur un compte Twitter entre juin et août 2017", puis placé en détention provisoire.