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Info locale

La mairie de Paris mise en cause dans l’explosion rue de Trévise

31 décembre 2019 à 10h50 Par Mikaël Livret
L'explosion avait fait 4 morts dont deux Sapeurs Pompiers de Paris.
Crédit photo : BSPP

Un rapport provisoire met en cause un défaut dans l’analyse d’un affaissement à l’entrée de l’immeuble.

« Cette explosion aurait pu être évitée ». Près d'un an après l'explosion accidentelle qui avait fait quatre morts et 66 blessés, rue de Trévise à Paris, un rapport d'expertise provisoire accuse la mairie de Paris et une entreprise de travaux publics de négligences.

Ce rapport de 202 pages, très attendu par les parties civiles, explique en substances que la canalisation de gaz du réseau GRDF, située devant l'immeuble du numéro 6 s’est rompue brutalement. Elle est la cause de la fuite de gaz qui s'en est suivie ». Un doute subsiste encore sur la source de l'allumage mais « cette explosion aurait pu être évitée » déplorent les experts dans La Parisien.

La canalisation sectionnée, de six mètres de longueur, était enfouie sous le trottoir devant le porche de l'immeuble à 90 cm de profondeur. Selon le rapport, le sol s’est affaissé sous la canalisation, entrainant le drame. La mairie de Paris était au courant plusieurs mois auparavant. Deux chantiers de réfection avaient ainsi été menés par les services de la voirie de la mairie de Paris et d'une entreprise (Fayolle et Fils) mandatée les 3 octobre et 15 novembre 2016.

200 salariés ont perdu leur lieu de travail dans l'explosion

Mais ces retouches n'auraient été que cosmétiques : le problème se serait même aggravé après le passage de la Ville. « Ces réfections n'ont consisté qu'en des travaux de surface pour rétablir l'horizontalité du trottoir sans s'inquiéter de la cause de l'affaissement qui nécessitait des travaux en profondeur », expliquent les experts cités par Le Parisien.

La Ville de Paris a depuis annoncé le lancement de son audit, "en pleine complémentarité avec l'enquête en cours". La logique voudrait que la mairie soit mise en examen dans les prochaines semaines. » La décision d'engager des poursuites revient désormais aux juges d'instruction.

Près d’un an après le drame, 200 personnes n'ont toujours pas réintégré leur logement et près de 200 salariés ont perdu leur lieu de travail dans l'explosion.