Commerçants, artisans, entrepreneurs locaux, communiquez local -> en savoir plus
Info locale

La tour Montparnasse va se refaire une beauté

20 septembre 2017 à 10h38 Par Mikaël Livret
Crédit photo : DR

C’est un peu la mal-aimée de Paris. Sa hauteur (210m) notamment dérange. Mais d’ici 2023, la plus haute tour de la capitale va s’offrir un grand lifting. Parois vitrées, jardins d’hiver en façade et une serre perchée en haut du gratte-ciel. Le projet d’un collectif d’architecte vient d’être désigné pour des travaux qui devraient débutés à la fin de l’année 2019.

De la transparence sur 210 m, une façade bioclimatique, une serre de 18 m de hauteur au sommet, des jardins d’hiver, des bureaux loggias et un déluge de lumière naturelle à faire rêver les occupants passés et actuels du gratte-ciel… La nouvelle est tombée ce mardi soir, quelques heures à peine après sa validation par le conseil syndical de la tour Montparnasse : c’est à l’équipe d’architectes français Nouvelle AOM (Nouvelle agence pour l’opération Maine-Montparnasse), que revient la mission de métamorphoser la tour emblématique de la capitale, qui divise autant qu’elle fait partie du paysage.

Verrue opaque et sombre pour certains, phare urbain et presque rassurant pour d’autres, depuis bientôt 45 ans elle surplombe un quartier Montparnasse promis aussi à un changement radical. La maquette présentée au public au pavillon de l’Arsenal (IVe), dans le cadre d’une exposition des 7 projets initialement en lice au concours international d’architecture lancé en juin 2016, esquisse en tout cas un dosage « d’histoire » et de futurisme. Adieu l’opacité sombre, les façades aujourd’hui égayées de leds colorées seront radicalement abandonnées : place à la transparence et à « une tour qui respire ».

Du parvis au sommet

Un sommet rehaussé de 18 m, pour abriter une serre et accueillir de l’agriculture urbaine qui pourrait directement descendre d’un étage, vers les cuisines du restaurant panoramique de Montparnasse 56. Les autres atouts du projet lauréat relèvent presque autant de « l’ingénierie » que de l’esthétique architecturale. L’immeuble sera partiellement autonome en énergie, grâce notamment à sa « double peau » de façade, au système de récupération d’eau de pluie sur les débords et aux vitrages. Nouvelle AOM a même prévu un nouveau clin d’œil à l’histoire de cette tour voulue par André Malraux et Pompidou : les 40 000 m2 de vitrages sombres seront réutilisés, comme éléments de signalétique par exemple, et partiellement… recyclés en mobilier.

Après le choix les porteurs de ce projet pharaonique à 300 millions d’euros ont l’œil déjà tourné vers l’été 2024 et les Jeux olympiques. Les 40 mois de travaux prévus pourraient commencer dès la fin 2019, pour une livraison mi-2023. Le rehaussement qui portera la tour à près de 220 m ne posera lui-même pas de gros souci aux urbanistes : quand 18 m de bâti auraient imposé une modification chronophage et peut-être polémique du Plan local d’urbanisme (PLU), 18 m de végétalisation en sont dispensés.

La tour Montparnasse accueille chaque année plus d’1,1 million de visiteurs, qui arpentent les 1 306 marches, 25 ascenseurs répartis sur 59 étages. La tour se classe au 12e rang des monuments les plus visités de France. Chaque jour environ 8 000 personnes y travaillent, dont 5 000 dans les 53 étages exclusivement réservés aux bureaux.