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Info locale

Le chercheur contre le cancer empoisonne ses collègues

12 décembre 2017 à 10h05 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Capture d'écran Google maps

Persuadé qu’on lui avait volé ses recherches, un ancien stagiaire de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) avait empoisonné ses collègues. Le savant fou avait versé un produit toxique dans la bouilloire de ses collaborateurs. Il a été condamné hier soir.

Il avait agi « par vengeance ». Persuadé, à tort, que ses collègues avaient exploité ses recherches. Le savant fou avait deux cerveaux. L’un, comme l’a analysé son avocate, était « brillant », capable de faire avancer la recherche contre le cancer. L’autre était « immature », au point de verser le produit le plus toxique du laboratoire dans la bouilloire dont se servaient ses collègues pour boire le thé et le café. Ce Versaillais de 28 ans à la personnalité complexe comparaissait ce lundi au tribunal correctionnel de Créteil pour des violences volontaires dans le prestigieux Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif, le temple de la lutte contre le cancer.

Trois autres scientifiques bardés de diplômes étaient assis sur le banc des parties civiles pour raconter ces deux jours de mars 2014 durant lesquels ils ont été victimes de la vengeance d’un des leurs.

« J’ai été malade pendant le stage, résume-t-il. J’ai voulu les rendre malade ».

Neuf mois après son stage à l’IGR, alors qu’il poursuit sa carrière au commissariat à l’énergie atomique, il fulmine en apprenant que des anciens collègues auraient exploité ses propres recherches pour écrire un article, ce qui s’avèrera faux. Un affront pour celui dont le stage s’était mal passé, ses pairs le qualifiant certes de « théoricien brillant » mais aussi de « praticien médiocre » incapable de reconnaître ses erreurs. « J’ai été malade pendant le stage, résume-t-il. J’ai voulu les rendre malade ».

Une thésarde et un docteur tombent malades après avoir bu du thé. Un scientifique perd connaissance une fois son café avalé. Bien que choqués, ils s’en remettront tous. Quelques semaines après, ils se rappelleront de cet étrange stagiaire que les enquêteurs n’auront aucun mal à faire avouer.

Le parquet avait requis cinq ans de prison dont un avec sursis à son encontre. Il a finalement écopé de cinq ans de prison dont trente mois avec sursis, suivi d’un mandat de dépôt délivré à l’audience. L’ancien stagiaire devenu, depuis, professeur de mathématiques en collège, a aussitôt été incarcéré.