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Les chantiers de Marianne, la réinsertion est dans le tri

21 janvier 2020 à 09h00 Par Iris Mazzacurati
Les chantiers de Marianne, contre le gaspillage et pour la réinsertion
Crédit photo : Pixabay

Approvisionner les aides alimentaires en œuvrant contre le gaspillage et pour la réinsertion, c’est le triple défi relevé quotidiennement par les chantiers de l’ANDES.

L’ANDES (Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires) est la 5e association en France sur l’aide alimentaire. Sa spécificité : les épiceries solidaires qui proposent des produits frais et de qualité jusqu’à 90 % moins chers à ses bénéficiaires en difficulté économique…

Mais ça ne s’arrête pas là. Parce qu’il faut bien approvisionner ces épiceries solidaires. Ce que fait l’ANDES grâce à ses 4 chantiers d’insertions dans le marché international de Rungis, à Perpignan, Marseille et Lille.

Tout commence en 2008, l’ANDES constate qu’à l’époque, il y a très peu de produits frais dans l’aide alimentaire ; notamment, de fruits et légumes. Et dans le même temps, elle se rend compte qu’énormément d’invendus partent soit à la décharge, soit au compost. Et parmi eux, encore énormément de produits, tout à fait consommables, qui ne profitaient à personne.

Le Potager de Marianne voit alors le jour à Rungis, en 2008. Le succès est tel qu’un deuxième chantier est créé à Perpignan en 2009, La Cistella de Marianne. Un troisième à Marseille en 2010, La banaste de Marianne et à Lomme, près de Lille, en 2011, Le gardin de Marianne.

Le Potager…, La Cistella…, La banaste… ou Le gardin de Marianne, tous ont une activité multiple :
- L’insertion : ils raccompagnent les personnes vers l’emploi. - L’anti-gaspillage : ils récupèrent les invendus des marchés de gros, notamment les fruits et légumes. - L’approvisionnement en produits de qualité et en fruits et légumes frais les épiceries solidaires, mais aussi d’autres aides alimentaires.

Les invendus, triés et valorisés par les salariés en insertion, sont envoyés aux Épiceries de Marianne ou aux autres aides alimentaires.

Les personnes accompagnées sont très éloignées de l’emploi : demandeurs d’emploi de longue durée, allocataires de minima sociaux, réfugiés, etc. Les chantiers de Marianne leur permettent de retrouver un cadre qui les remette en confiance pour retrouver un emploi.

Sur les chantiers, chacun est suivi, à la fois par un encadrant technique (qui le forme au métier) et des accompagnateurs sociaux-professionnels, pour travailler sur son projet professionnel, mais aussi sur tous les freins de son retour à l’emploi.

Les salariés restent entre 7 et 11 mois en contrat d’insertion, dans des métiers comme la préparation de commande ou de la restauration.

A la fin, le taux de sorties positives - c’est-à-dire le nombre de personnes qui vont retrouver derrière un emploi (un CDI, un CDD ou une formation…) - est de plus de 70 %.

Actuellement, 66 personnes sont accompagnées sur l’ensemble des chantiers d’insertion. En tout, ils étaient 139, en 2018.

En 2018, c’est aussi plus de 1200 tonnes de fruits et légumes qui ont été récupérés par l’intermédiaire de ces chantiers dont 65 % ont été redistribués après valorisation. (770 tonnes, environs)

Ces approvisionnements proviennent essentiellement des dons d’invendus, mais Les chantiers de Marianne font aussi un peu d’achats puisqu’une des particularités d’ANDES, c’est d’offrir du choix tant aux épiceries solidaires qu’aux associations qu’elle approvisionne.

Au total, l’ANDES livre plus de 2000 tonnes de produits : fruits et légumes frais, mais aussi des céréales, du poisson surgelé, des jus de fruits (soit via de l’achat, soit via des partenariats au niveau national) ce qui leur permet de proposer des produits de qualité et de marque à l’ensemble du réseau.

Pour en savoir plus, devenir bénévole ou aider l’ANDES, rendez-vous sur andes-france.com.

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