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Les forains menacent de bloquer Paris

03 novembre 2017 à 09h54 Par Mikaël Livret
Crédit photo : https://commons.wikimedia.org - Marché de Noel Champs Elysées

Ils ne se démontent pas ! Après la tentative ratée cette semaine, d’installation des chalets de Noël sur les Champs-Elysées, les forains annoncent une forte mobilisation. Les syndicats du secteur ont menacé de bloquer Paris à partir de lundi 6 novembre si le marché n’était pas autorisé à s’installer pour les fêtes. Marcel Campion rappelle que le marché de Noël rassemble 240 commerçants et 2 000 emplois.

Marcel Campion et les forains bloqueront la capitale si le marché de Noël sur les Champs-Elysées n'est pas autorisé cet hiver. Suivis par plusieurs syndicats forains, Marcel Campion menace de bloquer Paris lundi si le préfet de police ne va pas dans leurs à l’issue d’un rendez-vous programmé ce vendredi…

Le marché de Noël des Champs-Elysées n’aura pas lieu cette année, a décrété la mairie de Paris en juillet. Marcel Campion, son organisateur, n’accepte pas cette décision. Avec d’autres forains, ils ont tenté de l’installer malgré tout mardi dernier, mais ont été repoussés par la police. Alors le « roi des forains » s’est adressé à la presse et à ses collègues jeudi après-midi devant le café Lenôtre, sur l’avenue des Champs-Elysées. « Demain on a rendez-vous avec le préfet de police Michel Delpuech, a-t-il annoncé. On va lui proposer de nous laisser nous installer. Et puis, si des fois c’est refusé, à partir de lundi, il y aura des manifestations tous les jours et Paris sera bloqué. » Si la mairie de Paris s’y oppose, Marcel Campion lui suggère de s’adresser à la justice.

La ville a rompu le contrat

« La mairie de Paris veut se débarrasser des forains, accuse-t-il. C’est vrai qu’on a une procédure contre la ville, c’est vrai qu’on va essayer de la gagner, mais on aimerait bien aussi que les autorités nous comprennent. » La ville a rompu le contrat qu’elle avait signé avec Marcel Campion en 2015 pour son marché de Noël. C’est aussi lui qui organise l’installation de la  Grande roue à la Concorde. 

Mais pour le forain, le contrat signé avec la mairie portait sur un accord pour six ans : « Il a bien été question que les six ans ne seraient jamais remis en cause (…). Mais ils m’ont dit : “C’est une formule, annoncer ça, deux ans renouvelables, mais c’est tacite.” (…) Croyez-vous que si on l’avait su on aurait fait tous les investissements qu’on a faits ? » Pour lui, si la ville veut rompre ce contrat, « il faut utiliser les causes qui y sont marquées. »

2.000 emplois concernés selon Marcel Campion

Une situation que ni lui ni les syndicats de forains n’acceptent : « Vous pensez que les forains vont se laisser faire ? Ils vont occuper leur lieu de travail, comme les ouvriers occupent leur lieu de travail. » René Hayoun de l’intersyndicale de la fête foraine précise : « Aujourd’hui il y a des emplois directs qui sont concernés : 2.000 emplois ! » Marcel Campion rappelle : « On ne veut pas d’une indemnité, on veut du travail. La plupart des gens qui sont là n’ont pas de chèque à la fin du mois. »

Les forains soupçonnent que l’interdiction du marché de Noël sur les Champs-Elysées serait liée à la location d’un terrain du bois de Boulogne à Bernard Arnault, qui y installera un parc d’attractions. Parc auquel les forains feraient concurrence, ce qui expliquerait que leurs activités soient écartées de la région parisienne.

« Nous allons barrer les villes de France, nous allons barrer Paris jusqu’à ce que nous soyons entendus, menace René Hayoun. Si nous sommes entendus à notre rendez-vous, il n’y a pas de souci, nous sommes des gens de fête, nous ne sommes pas des guerriers. »