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Info générale

Médicaments, hôpitaux... moins d'économies exigées

26 juin 2020 à 09h35 Par Iris Mazzacurati avec AFP
Une baisse justifiée par la chute d'activité des professionnels de santé depuis la mi-mars, qui ne sera pas rattrapée d'ici la fin de l'année.
Crédit photo : Pixabay

La crise sanitaire n'est pas terminée, l'heure n'est pas à la cure d'austérité. L'Assurance maladie renouvelle sa prescription annuelle d'économies, en la divisant de moitié… Objectif : un peu plus d'un milliard d'euros pour 2021.

Médicaments génériques, arrêts de travail, lutte contre la fraude... Saignée par le coronavirus et le confinement (31 milliards d'euros de déficit prévus cette année), l'Assurance maladie n'entend pas serrer le garrot l'an prochain pour juguler ses pertes.

Elle abaisse nettement le montant des économies attendues pour freiner la hausse inexorable des dépenses de santé: 1,07 milliard d'euros en 2021, contre 2,07 milliards visés en 2020.

Une baisse justifiée par la chute d'activité des médecins, dentistes et autres kinés depuis la mi-mars, qui ne sera pas rattrapée d'ici la fin de l'année. 

Inutile donc de demander des efforts supplémentaires à ces professionnels dont les revenus ont été mis à mal, d'autant plus que l'hypothèse d'une nouvelle "vague" épidémique ne peut être écartée.

Ce qui n'exclut pas de continuer à traquer les "dépenses inutiles", en particulier "pour favoriser un meilleur usage" de certains types de médicaments, la plupart du temps via des actions ciblées sur les médecins les plus concernés (paracétamol, antidépresseurs, anxiolytiques, anti-hypertenseurs...).

Si l'Assurance maladie compte toujours sur les génériques et biosimilaires pour limiter les coûts, les antibiotiques ne font en revanche plus partie de ses priorités.

L'hôpital épargné

L'absence d'économies concernant l'hôpital saute également aux yeux: le développement de la chirurgie "ambulatoire" (sans hospitalisation) a disparu du programme, de même que les traitements facturés par les établissements de santé.

Ce secteur apparaît donc largement épargné, alors que l'exécutif s'apprête à annoncer des hausses de salaires conséquentes et d'importants investissements dans le cadre du "Ségur de la santé".

D'autres n'auront pas droit aux mêmes égards: l'Assurance maladie a ainsi reconduit à l'identique ses objectifs d'économies pour l'imagerie et les transports sanitaires.

Les cibles sont aussi maintenues au même niveau - ou presque - pour les arrêts de travail et les fraudes. Mais rien ne garantit qu'elles seront atteintes: en 2019, sur les 2,01 milliards espérés au total, seuls les deux-tiers ont été réalisés.

L'Assurance maladie souhaite par ailleurs "poursuivre le déploiement de la télémédecine" en prolongeant jusqu'à fin 2021 la prise en charge à 100% des téléconsultations, et en conservant jusqu'à la fin de l'année les règles du "télésoin" (infirmiers, kinés, sages-femmes...) qui arrivent à échéance "avec la fin de l'état d'urgence sanitaire" le 10 juillet.