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Info locale

Paris supprime ses feux rouges

23 octobre 2017 à 09h56 Par Mikaël Livret

Ce sera inédit ! Les feux rouges seront supprimés dans Paris. Une première zone «sans feux de circulation» va être expérimentée à partir de la fin novembre, et jusqu’au début de juin près de Montparnasse.

Le chantier est vaste : à Paris, les feux sont apparus en 1923, et il y en a environ 20.000 aujourd’hui, équipant de 1.805 carrefours ! Mais la ville veut les supprimer à terme. La première zone testée se situe dans le 14e arrondissement de la capitale  à proximité de la gare Montparnasse, et comprend six carrefours, entre les rues Losserand, du Château, et Didot. L'expérimentation aura lieu de fin novembre à début juin. Les feux seront "camouflés, remplacés par des capteurs et autres caméras, qui mesureront les flux."

Plus de feux rouges. Plus d’attentes interminables. Plus de bouchons, plus de klaxons et surtout... moins d’accidents aux carrefours. Telle est l'idée de la mairie de Paris.

Une stratégie pour les piétons

L’expérimentation doit durer six mois ; elle fait notamment suite à un vœu du groupe écologiste dans le cadre d'un projet baptisé "Stratégie piéton" de la Ville, qui avait été voté au conseil de Paris en janvier dernier. Si l’expérimentation est réussie, la mesure sera étendue à d’autres arrondissements.

Mais alors, en quoi enlever un feu favorise une meilleure circulation ou de meilleures conditions de transport ? Il apparaît que les arrêts et redémarrages fréquents font augmenter la consommation de carburant des voitures, "de même que l’abrasion des plaquettes de frein, l’usure des pneus et des revêtements, responsables de 20% des émissions parisiennes de particules fines", selon une étude d’Airparif. 

Moins de bruit, moins d'accidents, moins de pollution

Des effets ont aussi été mesurés sur le bruit (qui baisse de deux à trois décibels) et les accidents (en baisse de 25%) : il apparaît en effet que la vitesse de circulation diminue quand il n’y a pas de feu, et que du coup la circulation est plus fluide. Les conducteurs sont en effet plus vigilants. Alors qu’ils ont plutôt tendance à accélérer quand ils voient un feu vert à l’autre bout de la rue, pour le passer.  

D’autres villes testent cette mesure : comme Dratchen aux Pays Bas, ou encore Bordeaux, Rennes, Toulouse. Avec, à chaque fois, de très bons résultats. Reste que tous ne sont pas voués à disparaître : les feux tricolores restent indispensables sur les axes à fort trafic.