Commerçants, artisans, entrepreneurs locaux, communiquez local -> en savoir plus
Info locale

Seine-Saint-Denis: il escroque une cliente qu’il juge raciste

23 novembre 2017 à 10h05 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Commons wikimedia

Un banquier est jugé ce jeudi devant le tribunal de Bobigny. Excédé par les propos raciste d’une cliente octogénaire, il est soupçonné d’avoir détourné près de 400.000€ de l’épargne de sa cliente. C’était en décembre 2016 dans une agence LCL d’Aubervilliers.



Il s’était offert un appartement, des vêtements de luxe, du matériel hi-fi et des lingots d’or… Un banquier de 27 ans compte mettre en avant la pression exercée par sa hiérarchie pour tenter de justifier l’escroquerie pour laquelle il doit comparaître, ce jeudi à 13 heures, devant la 15e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Conseiller financier dans une agence LCL d’Aubervilliers, il est accusé d’avoir détourné, entre mars et décembre 2016, 380.000 euros de l’assurance-vie d’une de ses clientes âgée de 89 ans. S’inquiétant d’un changement d’adresse de l’octogénaire, le directeur de l’agence bancaire avait découvert le pot aux roses en s’apercevant que la nouvelle adresse menait, en réalité, à un appartement acheté par son employé.

Protester contre les propos racistes et islamophobes de sa cliente

Outre ce bien immobilier, le jeune banquier s’est servi de l’argent détourné pour acquérir des vêtements de luxe, du matériel hi-fi et 36 000 euros de lingots d’or que les enquêteurs ont saisis lors d’une perquisition. Lors de sa garde à vue, il a immédiatement reconnu les faits. Il a indiqué avoir agi de la sorte pour protester contre les propos racistes et islamophobes tenus par sa cliente mais aussi contre le manque de considération de la part de sa hiérarchie et la surcharge de travail.

« C’est une forme de suicide, plaide Manuel Abitbol, son avocat. L’argent a transité entre le compte de la cliente et le sien qu’il avait ouvert avec son propre nom. Il n’a rien essayé de dissimuler. Il a complètement craqué. » L’escroquerie était aussi un moyen de démontrer à la banque que « ses systèmes de contrôle étaient inefficaces », toujours selon son avocat. Issu d’une famille aisée, selon son avocat, le jeune homme dont le casier judiciaire est vierge, encourt une peine de cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende pour « escroquerie » et « blanchiment ».