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Info locale

Une fausse victime des attentats du 13 novembre identifiée

16 novembre 2017 à 09h56 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Flickr

Il ne se cachait pas. Pendant 2 ans, Cédric Rey, la trentaine, avait multiplié les sorties dans les médias pour raconter son histoire. L’horreur vécue le soir du 13 novembre 2015 devant le Bataclan. Mais son histoire était fausse. La police vient de le démasquer, il a été arrêté.

Il s’est fait passer pour une victime. Pendant deux ans, Cédric Rey, la trentaine, avait multiplié les sorties dans les médias nationaux et s'était fait passer pour une victime des attentats de Paris. Pour paraître le plus crédible possible, l’homme s’était même fait tatouer une Marianne en pleurs, avec les murs du Bataclan en arrière-plan, sur le bras.

Pendant des mois, dans les journaux, les propos de l'ambulancier, sous le choc, qui prétendait se trouver à la terrasse de la salle de concert lorsque la fusillade avait éclaté, ont été relayés. «J’étais en train d’appuyer sur la plaie d’un blessé qui s’était effondré sur le boulevard quand j’ai relevé la tête. J’ai vu un type devant l’entrée du Bataclan se retourner. Il avait sa kalachnikov en bandoulière, elle était pointée vers moi. Au même moment, une femme est passée entre nous en courant : elle a pris les balles», avait notamment raconté l’homme à Libération.

Un témoignage de plus en plus incohérent

Les policiers ont tout d’abord été intrigués par son refus de porter plainte, puis les incohérences dans l’histoire qu’il racontait pour obtenir une indemnisation. Sans perdre de temps (en novembre 2016), les forces de l’ordre s'étaient saisies de son cas. Après ses mensonges, les données de son téléphone portable l'avaient ensuite trahi. Quand la fusillade avait éclaté dans la salle de concert, la ligne de l’ambulancier avait déclenché plusieurs cellules implantées le long de l’autoroute A13.

Pendant plus d’une heure, son téléphone avait été localisé au niveau de son domicile dans les Yvelines, à une trentaine de kilomètres du Bataclan. À minuit, Cédric Rey avait tout à coup repris l’autoroute pour se rendre sur les lieux de l’attaque. En à peine trente minutes, il était arrivé à la salle de concert. Un trajet rapide qui avait interpellé les enquêteurs. La BRI avait ensuite lancé son assaut pour libérer les derniers otages, et c’est à ce moment-là que l’ambulancier était entré dans un bar où plusieurs rescapés étaient présents. Il était resté dans les parages durant plus d’une heure, relate Libération.

Après le drame, Cédric s'était impliqué dans l’association Life for Paris, qui rassemble les victimes du 13 novembre, et s'était présenté comme un survivant de la tuerie du Bataclan. Il était même parvenu à participer au concert des Eagles of Death Metal, organisé à l’Olympia trois mois après l’attentat.

Le syndrome du sauveur

Aujourd’hui, Cédric Rey vit à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. De passage à Paris, il a été placé en garde à vue à la fin du mois d’octobre. Son procès doit avoir lieu le 1er décembre. Mais comment expliquer son geste. Quelles étaient ses motivations ? L’argent ? Pas seulement car pour comprendre ses objectifs, les policiers ont questionné différentes personnes qu’il avait croisées dans son métier. Une femme a témoigné : «J’ai senti un grand manque de reconnaissance chez un ambulancier qui ne trouve jamais à se satisfaire. Il semble rechercher l’héroïsme». D’après les policiers, l’homme souffre «très probablement du syndrome du sauveur».