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Info locale

Val d'Oise : victime de violences conjugales, elle lance un appel au secours

03 septembre 2019 à 14h27 Par Virgil Bauchaud
Photo d'illustration
Crédit photo : Pixabay

Alors que débute ce mardi le grenelle sur les violences conjugales, une femme victime depuis une vingtaine d’années a accepté de se confier. Plusieurs années après une première condamnation de l’individu, elle se retrouve aujourd’hui encore sous sa menace.

Cent une femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année en France. Pour tenter de mettre fin à cette vague de féminicides, le Grenelle sur les violences conjugales ouvre ce mardi 3 septembre. Jusqu’à la fin du mois de novembre des associations, proches de victimes, élus ou encore magistrats se réunissent pour trouver des mesures.

Dans ce contexte, Albane*, victime de violences, a accepté de témoigner. Originaire du Val-d’Oise, cette quarantenaire est menacée et frappée depuis une vingtaine d’années par son ex-compagnon. Ce dernier a déjà été condamné en 2004 à un an de prison ferme pour menaces de mort et coups et blessures. L'origine de l'histoire d’Albane a de quoi faire froid dans le dos : « j’ai eu plusieurs blessures et j’ai commencé à porter plainte. Quand j’ai eu mon garçon j’ai réagi, un jour j’avais pris tellement de coups que je suis allée au commissariat avec mon fils dans les bras ».

« Je ne suis pas entendue », ou le sentiment d’abandon


Un enfant au centre du conflit. Il y a plusieurs années, elle confie que son compagnon s’était attribué la garde de l’enfant avant de le déscolariser pour le remettre dans une école plus proche de chez lui. Fatiguée par des démarches qui n’aboutissaient pas et une justice trop lente, Albane avait fini par céder la garde sous la pression. Elle l’a finalement retrouvée il y a un an.

Une vingtaine d'années après les premières violences, la situation est aujourd’hui au point mort et Albane craint le pire face aux menaces. Si elle a accepté de témoigner, c’est surtout pour lancer un dernier appel à l’aide : « moi aussi je vais alerter, je ne suis pas entendue. J’ai essayé de me reconstruire, j’ai tout fait pour rebondir. Des amis me soutiennent depuis toutes ces années dans mes démarches et dans le fait que je parle. J’ai besoin de parler pour vider tout ce que j’ai à vider. Mais j’ai l’impression aujourd’hui de ne pas être entendue par la justice ». 

Elle affirme désormais recevoir des appels et messages incessants de son ancien compagnon. L’homme aurait même affirmé à son fils être prêt à refaire de la prison. « C’est clairement une menace de mort », s’inquiète Albane qui se sent totalement désemparée et craint le pire. Ce Grenelle qui vient de s’ouvrir aura la tâche de répondre rapidement à sa situation, comme à celle de nombreuses femmes.

*son prénom a été modifié afin de préserver son anonymat


Les confidences d'Albane sur les violences au début des années 2000 :

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