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Violences conjugales : le jour où Nassira, 41 ans, a décidé de dire stop

25 novembre 2019 à 14h43 Par Virgil Bauchaud
Crédit photo : Pexels

Ce lundi 25 novembre est marqué par la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. À cette occasion, Nassira, ex-victime de violences qui réside dans le Val-de-Marne, a accepté de raconter son histoire. Avant tout pour « aider beaucoup de femmes » victimes de violences conjugales.

« J’en avais marre depuis longtemps mais je n’avais jamais eu le courage d’y mettre un terme ». Ce courage, Nassira l’a eu au printemps dernier après avoir cru rejoindre la longue liste des victimes de féminicides. Cette mère de famille qui habite dans le Val-de-Marne, à Bonneuil-sur-Marne, a subi des violences de la part de son mari pendant plus de 20 ans, « pas quotidiennement comme d’autres femmes ». C’est en avril 2019, suite à une violente dispute, qu’elle décide alors d’appeler la police.

Son histoire prend alors un autre tournant. Nassira est alors placée en garde à vue : « la police ne m’a pas traitée en tant que victime et ça m’a fait très mal. Je ne comprenais pas où j’allais. Mon futur-ex mari a toujours fait en sorte que rien ne se remarque, d’où l’étonnement de mon entourage lorsque j’ai annoncé que j’étais une femme battue. Donc quand il a réussi à convaincre la police que lui était une victime, je n’étais pas étonnée ». Si elle a porté plainte, son mari également. Ils sont actuellement en procédure de divorce.

Partir, « même si on doit crever de faim »

« Vivre un divorce après ces violences, ce n’est qu’une première liberté. Les procédures sont terriblement longues ». Ironie du sort, sa première date de conciliation du divorce s’est déroulée ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences conjugales. Et suite à sa plainte du mois d’avril, le premier jugement pour violences interviendra lui le 20 décembre.

Nassira a réussi à rester au domicile conjugal mais a conscience que ce n’est pas le cas pour toutes les femmes victimes de violences et « il va falloir légiférer là-dessus », affirme la mère de famille. Aujourd’hui, Nassira affirme ne plus avoir peur. Si elle a accepté de se confier, c’est d’ailleurs pour « aider beaucoup de femme. Leur dire de ne pas avoir peur, même si on doit crever de faim ou manger du pain et de l’eau tous jours. On divorce pour le bien de nos enfants et notre bien avant tout ». À ce jour et depuis le début de l’année, 138 femmes sont mortes en France sous les coups de leur compagnon ou ex-conjoint. Pour tenter d'enrayer cette spirale, le gouvernement a dévoilé ce lundi matin des mesures.