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Info locale

Voiture de police incendiée à Paris : 9 personnes devant la justice

19 septembre 2017 à 10h24 Par Mikaël Livret
Crédit photo : DR

Un policier parant des coups de barre de fer pendant que sa voiture s'embrase en plein Paris. C’était en mai 2016. Neuf personnes sont jugées aujourd’hui pour cette attaque retentissante, survenue dans un climat tendu de mobilisation contre la loi Travail.

Neuf personnes sont jugées à partir de ce mardi pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police, le 18 mai 2016 quai de Valmy, à Paris. C'est un dossier où les images, une multitude d'images, tiennent une place singulière. Les plus marquantes sont celles d'une voiture de police en feu et d'un fonctionnaire parant des coups. La scène se déroule le 18 mai 2016, quai de Valmy à Paris (10e arr), en plein mouvement social contre la loi Travail.

Filmée de toute part, l'agression d'une patrouille de gardiens de la paix par une dizaine de manifestants masqués, en marge d'un rassemblement contre « la haine anti-flics », trouve un écho médiatique et politique retentissant. Les autres images, ce sont les centaines de séquences vidéo amateurs, professionnelles ou de surveillance urbaine que les enquêteurs ont décortiquées afin de tenter d'identifier les auteurs.

Agés de 20 à 40 ans, les prévenus sont étudiants, éducateurs ou sans profession. Certains, militants antifascistes assumés, appartiennent « à la mouvance radicale d'ultragauche », mentionne l'ordonnance de renvoi. Cinq, poursuivis pour violences volontaires aggravées et destruction, encourent dix ans de prison. Les trois autres comparaissent pour participation à un groupement en vue de la préparation de violences.

Les vidéos seront au cœur des débats

Conduite sous la pression, l'enquête, controversée, s'est déroulée en deux temps. Le jour même, sur la foi d'éléments fournis par un témoin sous X qui se révéla être un policier, quatre personnes sont interpellées. Parmi eux, Antonin Bernanos, 23 ans, et son frère Angel, 20 ans, qui contestent les faits. La qualification criminelle de tentative d'homicide, plus tard abandonnée, est alors retenue.

Au fil de l'exploitation des vidéos, cinq autres personnes sont identifiées. « Je ne suis pas capable d'expliquer rationnellement ce que j'ai fait », dira Nicolas F., qui a reconnu avoir porté les coups de tige au policier. « Je n'avais pas l'intention de blesser quiconque », s'excusera Kara B., qui a lancé un plot dans le pare-brise avant. Thomas R. admettra avoir été le premier à repérer le véhicule et à le frapper à coups de pied. Au juge, il a expliqué son comportement par l'effet de groupe et la colère d'avoir reçu un tir de flash-ball lors d'une précédente manifestation.

Au final, neuf personnes, dont l'une est visé par un mandat d'arrêt, sont renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris. Leur procès se tient jusqu'à vendredi. Les vidéos seront assurément au cœur des débats.