À 81 ans, DJ Gloria enflamme les clubs

Publié : 13h52 par Ludovic VILAIN

Crédit image: Instagram@madeleindjgloria

Madelein Månsson, alias DJ Gloria, a 81 ans et remplit les dancefloors des clubs les plus prisés de Suède depuis seize ans. Cette ancienne prof d'aérobic, devenue DJ sur le tard, prouve chaque semaine que la nuit n'a pas d'âge.

Tout commence après la mort de son mari, qu'elle a accompagné pendant neuf ans avant son décès. Madelein Månsson traverse alors une période de dépression. Elle se tourne d'abord vers les cours d'aérobic, où la préparation des playlists devient rapidement un vrai plaisir. Un soir, entre amis, elle évoque presque par surprise l'idée de devenir DJ. C'est le déclic : à 62 ans, elle enfile les platines pour la première fois. Seize ans plus tard, elle vit dans une résidence pour seniors du sud de Stockholm et continue de mixer avec la même énergie.

Des soirées taillées pour les plus de 50 ans

DJ Gloria s'est fait une spécialité : des soirées réservées aux plus de 50 ans, carte d'identité obligatoire à l'entrée, qui attirent surtout un public féminin venu simplement pour danser. Elle se produit dans certains des clubs les plus courus du pays, comme le Josefina, sur les quais de Stockholm. Ses dates sont bookées un an à l'avance, et elle prépare ses sets sur la table de sa cuisine.

Ses soirées suivent un rituel précis. Elles démarrent généralement à 18h et se terminent vers 23h — la fête, mais sans veiller trop tard. L'ouverture est toujours signée « I Will Survive » de Gloria Gaynor, un choix loin d'être anodin : à 116-118 pulsations par minute, le titre offre selon elle le tempo idéal pour lancer la piste, ni trop rapide, ni trop lent. Le reste de la programmation joue sur des tubes fédérateurs comme « Mamma Mia », « Funkytown », « Moves Like Jagger » ou « I've Been Thinking About You ». Pour clôturer, elle alterne entre « At Last » de Beyoncé, un peu d'Elvis, ou, quand l'ambiance s'y prête, « Thunderstruck » d'AC/DC.

Une icône malgré elle

Sur la piste, l'engouement est unanime. Eva Jakobson, 63 ans, la qualifie de « fantastique » et souligne l'énergie et l'amour qu'elle transmet à un public qui trouve rarement des lieux pour sortir danser après 55 ans. Louise, 69 ans, va plus loin : pour elle, DJ Gloria est tout simplement la meilleure DJ que la Suède ait jamais connue, une figure qui met les femmes de son âge en avant et les fait se sentir éternellement jeunes.

Le parcours de Madelein Månsson ne se limite pas aux platines : ancienne chanteuse de jazz, créatrice de vêtements et propriétaire d'un centre de jardinerie, elle a multiplié les vies avant de trouver, sur le tard, celle qui la définit aujourd'hui. Perruque scintillante, veste à paillettes et sourire aux lèvres, elle est devenue en quelques années une figure incontournable des nuits suédoises.

Son histoire, largement reprise sur les réseaux sociaux, résonne comme un pied de nez aux codes classiques du clubbing : ici, pas de jeunes DJ stars ni de nuits qui s'étirent jusqu'à l'aube, mais une énergie intacte et un public qui refuse de laisser l'âge dicter l'envie de danser.