Catastrophe de Brétigny : un procès hors normes s’est ouvert pour 8 semaines

Accident ferroviaire en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne).
Accident ferroviaire en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne).
Crédit: Mathieu MESSAGE

25 avril 2022 à 14h57 par Mathieu Message

Le procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny s'est ouvert lundi devant le tribunal d'Evry, en présence des représentants de la SNCF Réseau. Le 12 juillet 2013, le déraillement d'un train intercités en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) avait fait 7 morts et plus de 400 blessés.

Neuf ans après la catastrophe de Brétigny-sur-Orge, la SNCF faite face aux juges. Un déraillement du train Paris-Limoges, survenu en juillet 2013, avait fait 7 morts et 400 blessés. Ce lundi, le procès s’ouvre au tribunal d’Evry (Essonne), où les responsables comparaissent pour homicides et blessures involontaires. Du côté des victimes, on attend de pied ferme ce procès depuis 2016.
 

Des défaillances techniques mises en évidence

Pendant 8 semaines, les responsables de la catastrophe se trouvent sur le banc des accusés. Si l’origine du déraillement a rapidement été mise en lumière (une éclisse défaillante, pièce reliant les rails entre elles), les investigations ont mis en lumière de nombreux manquements dans la maintenance. Selon un rapport d’expertise, deux boulons avaient rompu, un troisième manquait, et le dernier a fait pivot.
 
D’une manière générale, les experts ont noté que les voies étaient mal entretenues. Thierry Gomès préside l'association d'entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny, et il veut maintenant des réponses claires sur les zones d’ombre de cet accident :
"Il est clair que les gens de terrain n'ont pas fait leur travail. Cet aiguillage était fatigué, donc normalement il aurait dû y avoir un suivi précis. Et derrière cette surveillance, il y a des hommes. Ce sont ces cheminots qui sera intéressant d'entendre au sein des débats."
 
Au total, 184 parties civiles sont présentes au tribunal, après une enquête de 7 ans.
Thierry Gomès préside l'association EDVCB.
Thierry Gomès préside l'association EDVCB.
Crédit: Mathieu MESSAGE

Un vol d'ordinateur à expliquer

Parmi les éléments troublants, Thierry Gomès souhaite des explications sur un vol d'ordinateur, où des échanges de mails concernant la catastrophe ne peuvent plus apparaître :
"Nous sommes aussi en attente dans ce procès de la seconde instruction, qui portait sur le vol d'un ordinateur appartenant au dirigeant de proximité. Le disque dur de l'ordinateur a été nettoyé. Les victimes abordent ce procès avec beaucoup d'émotions et un besoin de justice."
 
Le procès doit s’étaler sur 8 semaines pour établir les chaînes de responsabilité. Certaines victimes regrettent qu’il n’y ait pas davantage de cheminots jugés. Le seul à comparaître est un directeur de proximité, qui n’a pas vu, quelques jours auparavant, l’état de l’éclisse. Le verdict est attendu pour le 17 juin. Le groupe risque une amende et le cheminot encourt jusqu’à 3 ans de prison.