Inde : la nouvelle scène électro ?

Publié : 15h30 par Ludovic Vilain

Crédit image: Goa

Longtemps cantonnée aux clichés, l'Inde devient un territoire majeur du clubbing. Et au sud-ouest du pays, Goa entretient sa légende : berceau de la transe psychédélique, l'État invente aussi la fête avec des écouteurs de Palolem aux collines de Leopard Valley. Suivez le guide.

Si vous imaginiez encore l'Inde rythmée uniquement par les bandes originales de Bollywood, il est temps de revoir votre copie. Le pays s'impose comme un nouveau terrain de jeu du clubbing mondial, au point que Martin Garrix a annoncé une tournée de 10 dates dans le pays, calée sur Holi, la fête des couleurs. Mumbai et Delhi misent sur les super-clubs et les rooftops, Bengaluru et Hyderabad sur la techno underground, tandis que le festival Sunburn porte l'essor du secteur. Mais une destination garde une place à part.

Goa, berceau de la transe

Goa conserve son statut de lieu historique de la psytrance. Tout commence avec les hippies venus s'y installer à la fin des années 60, puis, deux décennies plus tard, avec les DJ qui transforment les plages d'Anjuna et de Vagator en dancefloors à ciel ouvert. Nuits de pleine lune, sons hypnotiques, motifs fluo : la « Goa trance » naît ici avant de conquérir l'Europe. Aujourd'hui encore, l'ancienne colonie portugaise attire chaque hiver des clubbers venus du monde entier.

Palolem, la fête sous casque

Plus au sud, l'ambiance change. Face aux plaintes pour nuisances sonores, les autorités locales ont imposé à Palolem une interdiction quasi totale de la musique après 22 heures. La réponse ? La silent party. Lancé par le DJ londonien Justin Mason, Silent Noise organise ses soirées sous casque dans un recoin de la plage de Palolem. Chaque samedi, de novembre à avril, Neptune Point accueille trois DJ qui jouent en simultané sur des canaux différents : à vous de choisir votre son d'une simple pression sur le casque. Transe, deep house, progressive ou Bollywood, chacun danse sur sa propre musique tout en partageant la même piste. Le résultat a quelque chose de surréaliste : des centaines de danseurs en transe… dans un silence presque total. En revanche vérifiez bien les agendas locaux, la programmation de ces soirées est d'expérience un peu aléatoire.

Leopard Valley, la jungle en fête

À quelques kilomètres de là, changement de décor radical. Installé dans une ancienne carrière en pleine jungle, entre Palolem et Agonda, Leopard Valley serait le plus grand club en plein air du sud de Goa. Ouvert en 2013, le site se distingue par une scène DJ perchée à sept mètres de hauteur et ses shows laser. Braseros, pyrotechnie et lasers 3D éclairent une piste où l'on danse sous les étoiles. Les performances de cracheurs de feu complètent ce cadre spectaculaire, qui en fait l'un des rendez-vous incontournables de la saison, notamment le vendredi soir.

Une scène en pleine mutation

Au-delà de Goa, l'Inde développe aussi son propre son : le « Desi Bass », qui marie basses puissantes et instruments traditionnels comme le shehnai. Son pionnier, Nucleya, remplit les salles dans tout le pays, tandis qu'Anish Sood s'est produit à EDC, Tomorrowland Unite et Sunburn. Entre héritage psychédélique, fêtes silencieuses et clubs dans la jungle, le pays a de quoi séduire les amateurs d'électro en quête de nouveaux horizons.