L’État de New-York rend légal le compostage humain

L’État de New-York rend légal le compostage humain
Une pratique qui se veut vertueuse pour la terre.
Crédit: CC0 - Image d'illustration

4 janvier 2023 à 12h19 par Lucas Pierre

Dans l’État de New-York, il est désormais légal de recourir au compostage humain.

La pratique peut surprendre… mais elle est de plus en plus plébiscitée ! Aux États-Unis, l’État de New-York vient de légaliser la « réduction organique naturelle ». Aussi appelée « humusation », la pratique consiste à réduire le corps des défunts à l’état de humus, autrement dit, de l’engrais, afin de rendre les sols fertiles. Depuis 2019, New-York est le sixième État américain à rendre légale cette alternative plus écologique.

Car au-delà d’un « retour à la terre » dont on entend souvent parler, même encore vivant, l’humusation permet surtout de ne pas polluer… ou plutôt ne plus polluer après le décès. Quand les méthodes classiques ont recours au plastique ou au béton pour l’enterrement, et émettent une grande quantité de CO2 dans le cas d’une crémation, cette nouvelle pratique représente, d’une part, une solution, mais est, d’autre part, vertueuse pour la terre !

Une pratique incompatible avec le Code civil français ?

Cette nouvelle loi n’est toutefois pas au goût de tout le monde. À New-York, la Conférence catholique de l’État a même incité ses fidèles à faire pression sur la gouverneure pour que la mesure ne soit pas mise en application. « Le compostage et la fertilisation peuvent être appropriés pour les épluchures de légumes ou les coquilles d’oeufs, mais pas pour nos dépouilles mortelles » s’est agacé Dennis Poust, directeur général de l’organisation.

Autrement dit : on ne respecte pas suffisamment le corps du défunt. Et c’est bien la raison pour laquelle la pratique n’est toujours légale en France. Interpellé sur la question par une sénatrice en 2016, le ministère de l’Intérieur évoquait l’impossibilité d’une telle loi dans notre pays en raison d’incompatibilité avec le Code civil. Le texte invitant à traiter les dépouilles avec « respect, dignité et décence ».