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Info générale

Automobile : pourquoi PSA et Fiat fusionnent ?

04 janvier 2021 à 12h29 Par Iris Mazzacurati avec AFP
La date effective de la fusion doit être annoncée "très rapidement".
Crédit photo : Pixabay - photo d'illustration

Les actionnaires de Peugeot-Citroën (PSA) ont approuvé lundi 4 janvier la fusion du groupe français avec Fiat-Chrysler (FCA) pour former Stellantis, le 4e groupe automobile mondial.

Au cours d'une assemblée générale en ligne, les actionnaires ont validé à plus de 99,8% les trois résolutions concernant la fusion.

La date effective de la fusion doit être annoncée "très rapidement", selon le président du directoire de PSA et futur directeur général de Stellantis, Carlos Tavares.

L'union des groupes français PSA et italo-américain FCA doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial en termes de véhicules vendus, et au troisième en chiffre d'affaires derrière le japonais Toyota et l'allemand Volkswagen.

La nouvelle entité, baptisée Stellantis, comptera plus de 400.000 salariés et abritera dans le même garage 14 marques emblématiques comme Citroën et Maserati (déjà brièvement mariées il y a 50 ans), Fiat et Opel, Peugeot et Alfa Romeo, Chrysler, Dodge ou Jeep.

"Cette fusion était une question de survie, et ça vaut pour Fiat comme pour PSA", selon Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école de commerce de Polytechnique à Milan. Les deux groupes sont confrontés à "d'énormes défis technologiques et stratégiques" (véhicules électriques, numérisation, conduite autonome) et aux effets dévastateurs de la pandémie de Covid-19.

"Seuls les plus agiles, dans un esprit darwinien, survivront", avait lancé en novembre Carlos Tavares, président du directoire de PSA et futur directeur général de Stellantis. Les marques du groupe vont notamment réduire leurs coûts de développement et de construction, et compléter leur offre dans toutes les gammes.

"Grâce à son union avec PSA, Fiat-Chrysler pourra renforcer sa présence en Europe", ajoute Giuseppe Berta, professeur à l'université Bocconi de Milan et spécialiste de Fiat. "A l'inverse, le groupe français pourra reprendre pied aux Etats-Unis grâce à son allié italo-américain".

Des fermetures d'usines à prévoir ?

Dans les documents fournis aux autorités financières, PSA et Fiat estiment que leur rapprochement devrait coûter 4 milliards d'euros, et que les synergies permettront d'économiser à terme jusqu'à 5 milliards par an.

Carlos Tavares avait souligné fin 2019 qu'aucune fermeture d'usine n'était prévue. Les syndicats se permettent d'en douter.

"Globalement c'est une bonne assurance pour l'avenir de notre groupe. Ceux qui ne prendront pas ce virage-là risqueront de rester sur le carreau", commente Franck Don, délégué syndical central CFTC chez PSA.

"Aujourd'hui, le groupe FCA est une grande inconnue pour nous", tempère cependant le syndicaliste. "Quelles synergies vont être trouvées? Quelles conséquences potentielles sur les sites situés en France?"

Phitrust avertit que Fiat n'a pas de marges de manoeuvre en Italie, où il a contracté un prêt garanti par l'Etat à hauteur de 6 milliards d'euros. "Les usines françaises de PSA pourraient devenir la variable d'ajustement, entraînant de lourdes pertes d'emplois", avance le fonds.