Contaminés ou cas contacts, des enseignants parisiens priés de faire cours quand même

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Certains enseignants ont été invités à le cacher aux parents d'élèves.
Crédit: Common Wikimedia

19 janvier 2021 à 10h45 par Mikaël Livret

Certains professeurs ont dû cacher leur contamination à la demande de directeurs ou d'inspecteurs académiques, révèle le site "Vice", le plus souvent par manque de remplaçants.

Protocole aseptisé à l’école. C’est une règle importante à respecter pour lutter efficacement contre l’épidémie de Covid-19 qui nous empoisonne la vie depuis bientôt un an. En cas de contamination, l’isolement pendant 7 jours est la règle. La même s’applique aux cas contacts, sauf dans certaines écoles à Paris.

Louis* est enseignant dans la capitale. L’un de ses collègues, avec qui il mange tous les midis à la cantine, a été testé positif à la Covid-19, raconte-t-il dans les colonnes de Vice. Il pensait alors être déclaré cas contact, mais à sa grande surprise il apprend qu’il doit retourner travailler dès le lendemain. Pire encore, on lui demande de cacher le fait qu’il est cas contact aux parents d’élèves.

Le professeur contaminé avait pourtant suivi les règles

« Il y a un protocole sanitaire pour tous les Français et on dit aux enseignants de ne pas le respecter. On marche sur la tête », raconte Louis. Il n’est pas le seul dans ce cas, selon le magazine.

Pour le professeur, la raison est évidente : « On manque de remplaçants en ce moment avec la crise sanitaire et les absences à répétition. Il n’y a personne pour nous remplacer et ils ne veulent pas fermer les écoles, alors on continue de travailler. »

Son collègue contaminé avait pourtant suivi les règles et communiqué à la CPAM tous les noms et contacts de l’équipe enseignante. Tous ont été contactés et invités à s’isoler 7 jours avant d’aller réaliser un test Covid, comme le stipule les règles sanitaires. Un seul a refusé catégoriquement de retourner en classe, les autres, par peur de perdre leur emploi, ont cédé aux pressions.

Faute de remplaçants, une école a dû poster des annonces sur Pôle Emploi

Ces dernières semaines, beaucoup d’écoles de la région parisienne cherchent à tout prix à ne pas fermer. Cette semaine, au Plessis-Belleville (Oise), c'est le cas de l’école élémentaire Louisette Wattier. Elle a finalement fermé ses portes lundi 18 janvier pour une semaine suite à la médiatisation de 27 cas positifs, professeurs et élèves confondus, dans les classes.

Selon les informations de Vice, une maternelle a dû continuer à ouvrir à Paris avec seulement 2 enseignants sur 13 présents. Faute de remplaçants, une autre école du 15ème arrondissement a dû poster des annonces sur Pôle Emploi pour trouver des agents de garderie et ainsi éviter la fermeture.

L’école représente toujours un tiers des foyers de contamination en France. Le taux de positivité des plus jeunes a triplé en deux semaines : 10% pour les moins de 9 ans, 8,5% pour les 10-19 ans, soit plus que la moyenne nationale, située à 6,4%. 

*Le prénom a été modifié

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