Danone va supprimer jusqu'à 2.000 postes administratifs, dont 400 à 500 en France

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En France 400 à 500 personnes pourraient perdre leur emploi.
Crédit: Wikimedia commons / Lulu7417

23 novembre 2020 à 13h25 par AFP

Danone annonce vouloir supprimer jusqu'à 2.000 postes dans ses sièges en France et à l'étranger afin de "simplifier" son organisation, renouer avec la croissance et augmenter sa rentabilité. Le géant agroalimentaire français a été malmené par la pandémie de Covid-19.

"Sur la France, ce sera 400 à 500 personnes", "essentiellement des directeurs, des managers", qui seront concernées par ces suppressions de postes, a précisé à l'AFP le PDG de Danone, Emmanuel Faber.

 

Danone envisage aussi le "rapprochement" du siège mondial, situé à Paris, de celui dédié aux activités françaises, à Rueil-Malmaison, en région parisienne.

 

La multinationale de 100.000 salariés escompte "une baisse de ses frais généraux et d'administration de 700 millions d'euros, représentant environ 20% des coûts de structure de l'entreprise", est-il rapporté dans un communiqué.

 

Danone mise parallèlement sur de "nouvelles sources de productivité industrielle permettant de réduire de 300 millions d'euros le coût des produits vendus".

 

Il s'agit notamment d'"accélérer la digitalisation", la robotisation des usines, selon M. Faber, en passant d'une "demi-douzaine d'usines fortement digitalisées" aujourd'hui à 40 en 2023. Tandis que les salariés dont les tâches seront automatisées pourront bénéficier d'un plan de mobilité et de formation.

 

Au total, le groupe vise donc un milliard d'euros d'économies en 2023.

 

"Ce plan a pour objectif de remettre Danone sur le chemin de la croissance rentable qui était celui qu'elle a toujours connu", fait valoir M. Faber.

 

Sur les neuf mois premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a reculé de 5,4%, à 18 milliards d'euros. La crise sanitaire, avec son cortège de restaurants et bars fermés, pénalise particulièrement les ventes d'eaux en bouteille (-20,5%) du groupe, à la tête des marques Evian, Volvic et Salvetat.

 

Quant à l'action de Danone, autour de 75 euros il y a un an, elle a plongé depuis le début de la pandémie, jusqu'à descendre à 46 euros fin octobre, avant de se redresser. Vers 11H30 à la Bourse de Paris, le titre cédait 1,33% à 51,80 euros, dans un marché en hausse de 0,74%.

 

- "Fuite en avant" -

 

Emmanuel Faber "joue sa place" et se retrouve à devoir "tenir les promesses faites aux financiers", estime auprès de l'AFP Denis Enfert, coordonnateur CGT pour le groupe.

 

Danone "s'est lancé dans une course à la rentabilité avec Coca et Nestlé, qu'il n'arrivera jamais à suivre", déplore-t-il, évoquant une "fuite en avant".

 

Dans un communiqué, la fédération spécialisée dans l'agroalimentaire Fnaf-CGT étrille une stratégie axée "sur les produits à haute valeur ajoutée" - "produire moins et plus cher" - qui se fait selon elle "au détriment des volumes, des emplois, du potentiel industriel et des populations".

 

La FGTA-FO, de son côté, reproche au groupe d'avoir versé 1,5 milliard d'euros de dividendes en avril. "Si les actionnaires avaient renoncé à une partie de leurs dividendes, ce plan n'existerait pas et aucun poste ne serait supprimé", juge le syndicat, soulignant que les suppressions de postes concernent 25% des effectifs siège en France.

 

Danone avait déjà posé le principe d'une restructuration le mois dernier. Un nouvel organigramme consacrait la fin d'une organisation qui faisait ressortir trois grands métiers (Produits laitiers et d'origine végétale, Nutrition spécialisée, Eaux), au profit de directions basées sur des zones géographiques.

 

Il annonçait dans le même temps une "révision stratégique complète du portefeuille de marques, de références et d'actifs".

 

"Dans certaines catégories, dans certains pays, ça pourra aller jusqu'à 20, 30% de réduction de nos assortiments, de nos formats de produits pour nous assurer qu'on se focalise bien sur les formats qui sont les plus demandés" en cette période bouleversée, développe M. Faber.

 

Pour le PDG, la pandémie de Covid-19 "sonne comme un avertissement": "Les chocs externes, la volatilité de nos environnements doivent conduire à créer une marge de sécurité", un "plancher" en-dessous duquel la rentabilité ne doit pas descendre afin d'avoir des "marges de manœuvre" pour investir.

 

Il escompte un retour à une "croissance rentable" au deuxième semestre 2021, et un retour à une "marge pré-Covid", supérieure à 15%, dès 2022. En 2020, la marge opérationnelle courante du groupe - soit le rapport entre son résultat d'exploitation et son chiffre d'affaires - est attendue à 14%.

 

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