Harcèlement moral : le Youtubeur yvelinois Marvel Fitness jugé en appel

14 juin 2021 à 14h20 par Iris Mazzacurati avec AFP

VOLTAGE
Marvel Fitness a surtout gagné en notoriété grâce à ce qu'il a appelé ses "dramas" : des prises à pa
Crédit : CC0 - photo d'illustration

Marvel Fitness, un Youtubeur condamné en première instance à deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis, pour harcèlement moral à l'encontre d'autres influenceurs, devrait être jugé en appel ce mardi à Versailles.

Suivi par près de 169 000 abonnés sur Youtube, où il publie notamment des vidéos de conseils de musculation, Marvel Fitness a surtout gagné en notoriété grâce à ce qu'il a appelé ses "dramas", c'est-à-dire des prises à partie d'autres influenceurs qu'il accusait de mentir sur les thèmes du fitness et de la remise en forme.

"Demain, je lui mets une fin de carrière à cette pute" ou encore "tu mets un pied à Paris, t'inquiète pas on va pas te louper" : lors de l'enquête, l'Yvelinois, 32 ans aujourd'hui, a reconnu les propos reprochés, mais a assuré qu'ils relevaient de la satire.

Puis il a gardé le silence lors du procès en septembre. A la barre, des influenceurs ont raconté l'impact négatif de ces "dramas" sur leur santé mentale et leur carrière.

A l'issue des débats, Marvel Fitness a été reconnu coupable de harcèlement moral sur huit personnes et de violences sur avocat, ce qu'il conteste. Il a également été interdit d'exercer une activité de création en ligne.

Une peine plus forte que les réquisitions

Cette peine de deux ans de prison dont un avec sursis, était plus lourde que les réquisitions du procureur qui avait demandé huit mois d'emprisonnement ferme. Fait rare pour ce genre d'infraction, le tribunal avait ordonné un mandat de dépôt à l'encontre de Marvel Fitness.

Le Youtubeur, qui a fait appel, a été remis en liberté le 18 novembre et fait son retour en ligne le 16 décembre, avec un tweet repris des dizaines de milliers de fois. Son nouveau procès est prévu mardi à 13H00 à la Cour d'appel de Versailles.

Son nouveau procès est prévu mardi 15 juin, à la Cour d'appel de Versailles.

Les parties civiles attendent "une confirmation de la décision" de première instance "qui a donné beaucoup d'espoir en montrant que le droit prenait en compte la souffrance des victimes de cyberharcèlement", a déclaré à l'AFP Me Laure-Alice Bouvier, avocate de sept parties civiles et elle-même représentée par un avocat en tant que partie civile dans cette affaire.

De son côté, Me Juan Branco, qui a repris la défense en appel de Marvel Fitness, a indiqué qu'il plaiderait la relaxe.

La façon dont son client "a été jeté en pâture dans l'espace médiatique est une faute qui ne sera jamais réparée", a-t-il déclaré à l'AFP, soulignant que l'une des parties civiles, influenceuse suivie par près de 324 000 abonnés sur Instagram, devait comparaître en Belgique pour avoir créé un photo montage à caractère sexuel attribué à Marvel Fitness.



Droit de réponse de Maître Juan Branco, avocat du Youtubeur Marvel Fitness

Par une décision du 4 octobre 2022, le Tribunal de Liège a reconnu coupable Madame Aline Marganne dite Aline Dessine des infractions, de menace écrite, en l’espèce menaçant le Youtubeur Marvel Fitness de diffuser le photomontage à caractère sexuel dont elle lui imputait faussement l’origine (C.), de calomnie (D.) et, d’utilisation d’un réseau ou d’un service de communication électronique afin d’importuner son correspondant ou de provoquer des dommages, en l’espèce en diffusant des photographies des dommages sur les réseaux sociaux à l’égard de Marvel Fitness (cyberharcèlement) (G.). Le Tribunal de Liège a reconnu que ces infractions étaient préalables à celles qui ont entrainé la condamnation de Marvel Fitness. Celui-ci rappelle, alors qu’il était éducateur de jeunesse, sans casier judiciaire, il s’est vu faussement accusé par une personnalité particulièrement puissante d’avoir harcelé des mineurs, violé et envoyé des photos de son intimité à des personnes sans leur consentement. Tentant de se défendre, faisant face à un mur, il a fait l’objet d’une cabale médiatique d’une violence particulière, qui, nourrissant un sentiment d’injustice, a entrainé les conséquences que l’on sait. Il regrette que la décision du Tribunal de Liège ne soit pas intervenue en amont de ces procédures afin d’établir la vérité des faits. Il remercie tous ceux qui, pendant cette période, auront été à ses côtés et l’auront soutenu malgré l’extraordinaire violence des accusations qui sur lui étaient portées.