Heure d’été : l’abandon du changement d’heure encore retardé

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Le changement d'heure avait été harmonisé en 1980, justifié à l'époque par des économies d'énergie,
Crédit: CCo

26 mars 2021 à 8h19 par Iris Mazzacurati

Dans la nuit de samedi 27 au dimanche 28 mars, la France passera à l'heure d'été, un changement controversé auquel l'Union européenne a officiellement décidé de mettre fin... toujours sans concrétisation.

Une heure de sommeil en moins, une heure de jour en plus : la France passe ce week-end à l'heure d'été.

A deux heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche, les horloges avanceront de 60 minutes : il sera trois heures et on dormira donc (théoriquement) "une heure de moins", raccourcissant d'autant le couvre-feu auquel sont soumis des dizaines de millions de Français.

Mais ce changement d'heure deux fois l'an (passage à l'heure d'hiver le dernier dimanche d'octobre, à l'heure d'été le dernier dimanche de mars) est très contesté pour son effet sur les rythmes biologiques, notamment par des médecins ou des parents d'enfants en âge scolaire.

Au niveau européen, le changement d'heure avait été harmonisé en 1980 - justifié à l'époque par des économies d'énergie, dont la réalité est discutée. La Commission européenne avait finalement proposé en septembre 2018 de le supprimer... en 2019.

Puis, le Parlement européen avait voté en mars 2019 un report à 2021, à discuter avec le Conseil de l'UE. Depuis, la crise du Covid-19 est passée par là, et le dossier est dans les limbes.

A l'heure d'été... toute l'année ?

Il faut entre autres inciter les pays à harmoniser leur choix d'heure légale, afin d'éviter d'aboutir à un patchwork de fuseaux horaires entre voisins.

En France, une consultation en ligne organisée en 2019 par la commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale avait reçu plus de deux millions de réponses, massivement (83,74%) en faveur de la fin du changement d'heure. Quant à l'heure à laquelle rester toute l'année, c'est celle d'été (en France UTC +2) qui a eu la préférence de 59% des participants.

Particularité méconnue de l'actuel système : il ne concerne pas les territoires d'Outre-mer, qui ne changent jamais d'heure (à l'exception de Saint-Pierre et Miquelon, qui se cale sur le Canada voisin). En effet, la plupart d'entre eux se trouvent sous des latitudes où les écarts d'ensoleillement sont faibles au long de l'année, contrairement à l'Europe.



(Avec AFP)

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