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Info générale

"J'ai pris du Plaquénil" : Témoignage

25 mars 2020 à 09h52 Par CC
Crédit photo : AFP

Présenté par certains comme le médicament miracle contre le coronavirus, le Plaquénil commence à manquer dans certaine officines. Pourtant ce n'est pas un médicament sans danger.

"J'ai pris du Plaquénil pendant des mois". 

Le témoignage de Caroline T est éloquant. Il permet de saisir à quel point ce médicament n'est pas à prendre, à la légère, sans en connaître les effets indésirables.

"L'hydroxychloroquine (Plaquénil®), c'est une molécule bien connue des malades chroniques qui souffrent de pathologies auto-immunes. C'est souvent un traitement de première intention car il est considéré comme mieux toléré que la plupart des autres traitements (très lourds) contre la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou encore le lupus, des maladies que je ne souhaite à personne. On m'a donc prescrit, comme à beaucoup de personnes, du Plaquénil des mois durant. Je ne viendrais pas ici sur l'efficacité de cette molécule sur ma pathologie mais sur les complications qu'entraine la prise de ce médicament".
Avant de prendre du Plaquénil, il faut savoir que son élimination dans le sang est très longue et qu'en conséquence,  si vous arrêtez de le prendre, les effets secondaires ne partiront pas de si tôt. "Moi, je m'en suis bien sortie. J'ai dû l'arrêter pour des maux de têtes et de gros troubles digestifs handicapants au quotidien".

Un médicament qui nécessite un vrai suivi médical.

Mais ce dont il faut avoir conscience, c'est que la prise de Plaquénil entraine un suivi médical du coeur, des yeux et de l'ouie.
"On nous prévient, explique Caroline, dès qu'on commence le traitement : vous devrez voir un opthalmo, tous les six mois, pour vérifier si votre perception des couleurs ne change pas ou si votre champ visuel ne rétrécit pas.
Pire : le Plaquénil provoque des rétinopathie. C'est très rare, mais elles peuvent entraîner la cécité.
Bref, vous pouvez devenir aveugle ! 
Coté oreille, vous ne passerez pas à côté des audiogrammes réguliers. La molécule provoque des acouphénes, des vertiges, qui peuvent aller jusqu'à la surdité.
Il y a également un risque cardiaque, avec des contrôles réguliers".

"Ils privent de vrais malades de leur traitement et ça c'est grave".

Et Caroline de conclure : "Il est également important de penser aux malades chroniques, qui ne survivent que grâce à cette molécule, et qui n'en trouvent plus dans les pharmacies à cause de médecins peu scrupuleux, qui la prescrivent à des personnes qui n'ont même pas fait les tests pour savoir si elles avaient le Covid-19. Ils privent de vrais malades de leur traitement et ça c'est grave".