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Rédaction

Journée Spéciale 93 – Interview de Samir Mihi, co-fondateur des associations « ACLEFEU » et « Au delà des mots »

23 février 2017 à 11h08 Par Rédaction

Dans le cadre de la Journée Spéciale Saint-Denis, visant à mettre en lumière le département de manière positive après les récentes tensions dû à l'arrestation violente de Théo, les journalistes de la rédaction sont allés à la rencontre des personnalités importantes du 93.

Zoom sur Samir Mihi, co-fondateur de l’association ACLEFEU (Association Collectif Liberté, Egalité, Fraternité, Ensemble, Unis) née en 2005 à Clichy-sous-Bois, après les émeutes de 2005 déclenchées par la mort de Zyed et Bouna. Samir Mihi est un témoin important de l’évolution de Saint-Denis et permet de faire le lien entre passé et présent.

Aujourd’hui Samir Mihi travaille toujours comme éducateur sportif dans le quartier du « Chêne Pointu », à Clichy-sous-Bois, il s’est confié à notre journaliste sur l’actualité chaude de ces dernières semaines.

Que voyez-vous au quotidien dans votre quartier?

« Ce sont les jeunes, les habitants eux même qui font de la médiation pour calmer les tensions »

« Pour preuve, cet hiver sur internet, sur Facebook, j’ai pu voir toutes ces maraudes dans les différents quartiers, ce sont les jeunes des quartiers qui, en plein milieu de la nuit sont là. Ils tournent, ils veillent à ce que personne ne meure de froid ou de faim durant l’hiver. C’est dans nos quartiers qu’il y a de la solidarité et où les gens s’entraident le plus. »

Qu’est ce qui a changé depuis les dernières émeutes de 2005 ?

« C’est vrai que depuis 10 ans pas grand chose n’a changé. Quand on voit le climat de tension entre la population et les fonctionnaires de police, toujours cette même discrimination à l’embauche, au niveau du logement, les jeunes sont toujours au chômage manque de formation, manque de moyen, on n’a pas forcément cherché a donner de solutions aux problèmes qu’ils ont au quotidien dans leurs vies. »

Des jeunes qui maraudent pour apaiser les tensions dans les quartiers. Le sujet n’a pas vraiment passionné les médias ces dernières semaines. Pourquoi selon-vous ?

« Peut-être que ce n’est pas vendeur de parler des jeunes d’Aulnay-Sous-Bois, j’en connais quelqu’un d’Aulnay-Sous-Bois, du quartier des 3000 qui font des maraudes pendant l’hiver. Toutes ces initiatives ne sont pas forcément les bienvenues dans certains médias, parce que ça ne les intéresse pas de montrer les côtés positifs de la banlieue et de notre banlieue. »