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Info locale

La fausse victime du Bataclan devant la justice

01 décembre 2017 à 09h56 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Flickr

Il s’était inventé une histoire qu’il racontait à qui voulait bien l’entendre. Une nuit d’angoisse au Bataclan le 13 novembre 2015 pour tenter de toucher des indemnisations. Un ambulancier de 29 ans comparait ce vendredi devant les juges des Yvelines.

Son histoire avait ému la France entière. Le procès d’un homme de 29 ans soupçonné d’avoir voulu escroquer le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres Infractions (FGTI) en se faisant passer pour une victime des attentats du Bataclan s’ouvre ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines). Présenté une première fois devant les juges, le 27 octobre, en procédure de comparution immédiate, son procès avait été finalement renvoyé pour que des expertises psychologiques et psychiatriques soient réalisées.

« Je me dégoûte moi-même »

Lors de ce premier passage devant la justice, il avait reconnu avoir tout inventé. « Je me dégoûte moi-même », avait-il lâché. Le jeune homme s’était rendu sur les lieux de l’attentat plusieurs heures après le drame. Par la suite, il avait témoigné dans de nombreux médias, racontant cette nuit tragique, puis allant même jusqu’à se faire tatouer l’avant-bras en souvenir du drame…

Dans un article de février 2016 consacré aux liens qui se sont tissés entre les rescapés des attentats, publié en février 2016, il racontait avoir posté un texte faisant état de son sentiment de culpabilité sur la page Facebook Life for Paris. « Je disais notamment que j’étais désolé d’avoir laissé rentrer les tueurs dans le Bataclan. Immédiatement des gens ont répondu, des messages de soutien de partout. Ça m’a fait un bien fou », expliquait-il alors dans un quotidien. Un reportage vidéo montre même son tatouage à l’avant-bras, représentant une Marianne qui pleure au coeur de la façade du Bataclan, bordé de la date des attentats.

Huit condamnations pour des tentatives d’escroqueries

Il avait déposé un dossier auprès du fonds d’indemnisation des victimes. Pourtant, le jour de l’attaque, celui qui habitait alors au Chesnay passait la soirée dans les Yvelines. En attendant d’être jugé, il avait été écroué à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines).

« C’est assez terrible de voir des gens profiter de la solidarité nationale, mais cela reste extrêmement minoritaire », avait alors réagi le Fonds de garantie, qui recense huit condamnations pour des tentatives d’escroqueries depuis janvier 2015.