Le boulanger en grève de la faim contre l'expulsion de son apprenti conduit aux urgences

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Stéphane Ravacley a perdu environ huit kilos depuis le début de sa grève de la faim.
Crédit: Pixabay - photo d'illustration

12 janvier 2021 à 16h00 par Iris Mazzacurati

Stéphane Ravacley, boulanger de Besançon en grève de la faim depuis plus d'une semaine pour protester contre l'expulsion de son apprenti guinéen, a fait un malaise mardi 12 janvier et a été conduit aux urgences.

En grève de la faim depuis huit jours, l'artisan de 50 ans est "tombé dans les pommes" mardi vers 8h30 alors qu'il se trouvait dans sa voiture, devant sa boulangerie du centre-ville de Besançon, a précisé la responsable des ventes du commerce, Anne-Sophie Rousseaux. "Il est à l'hôpital, mais son état n'est pas trop grave", a-t-elle rassuré.

Pris en charge par les sapeurs-pompiers, il a été conduit au CHU de Besançon.

Contacté alors qu'il se trouvait encore aux urgences, M. Ravacley a précisé qu'il se sentait "très faible". Il ne se nourrit plus que de bouillon et a perdu environ huit kilos depuis le début de sa grève de la faim. Une infirmière lui rend visite tous les deux jours.

Son ancien apprenti Laye Fodé Traoré, 18 ans, a dû interrompre sa formation. Pris en charge en France en tant que mineur isolé, il est visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) délivrée par la préfecture de la Haute-Saône, département où il réside.

Le jeune Guinéen a saisi le tribunal administratif de Besançon pour contester juridiquement cette OQTF et le refus de la préfecture de lui délivrer un titre de séjour. Sa requête sera examinée le 26 janvier.

Selon son avocate, la préfecture considère que les documents d'identité de M. Traoré ne sont pas authentiques. Ces documents sont en cours de validation par l'ambassade de Guinée en France, a-t-elle relevé vendredi.

Raphaël Glucksmann, Omar Sy, Leïla Slimani, Nicolas Hulot, Edgar Morin, Laurent Berger, Marion Cotillard et plusieurs maires EELV ont appelé lundi le Président de la République à "aider le boulanger de Besançon en grève de la faim !", dans une tribune signée dans le Nouvel Obs.

La pétition en faveur de Laye Fodé Traoré, lancée par M. Ravacley, avait recueilli mardi plus de 220 000 signatures.

Il a, par ailleurs, mis en place lundi une page Facebook pour centraliser les témoignages de tous les employeurs et apprentis confrontés au même problème que lui, nombreux selon lui.

(Avec AFP)

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