Liverdy-en-Brie : indignation autour de l’affaire du sanglier domestique abattu, classée sans suite

VOLTAGE
Une pétition en ligne, intitulée Justice pour Hercule a réuni à ce jour 117 000 signatures.
Crédit: Pixabay - photo d'illustration

5 mars 2021 à 11h00 par Iris Mazzacurati

Hercule, un marcassin apprivoisé avait été abattu à bout pourtant par un chasseur en Seine-et-Marne en décembre 2019. Le parquet de Melun classe aujourd'hui l'affaire et s'en explique dans les pages du Parisien. Une justification loin de satisfaire amoureux des animaux et chasseurs.

La vidéo avait indigné les réseaux sociaux. On y voit un chasseur tirant à bout pourtant dans la tête d’Hercule, un jeune sanglier de 10 mois apprivoisé alors que celui-ci s’était rapproché, le 21 décembre 2019 à Liverdy-en-Brie (Seine-et-Marne).



Pour sa défense, le chasseur qui avait reconnu les faits, avait déclaré avoir eu peur. Il était poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui, car le tir aurait pu ricocher sur l’animal et les autres chasseurs à proximité auraient pu être blessés.

Cependant, « l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui n'était pas suffisamment établie au regard des circonstances et des distances du tir. L'auteur du coup de feu a expliqué avoir tiré de peur d'être blessé par le sanglier sans qu'il y ait d'autres chasseurs dans la zone de tir selon ses souvenirs » a expliqué la procureure de Melun, Béatrice Angelelli, interrogée dans Le Parisien.

Une décision qui a du mal à passer, en premier lieu auprès d’Alain Martin, qui avait apprivoisé le marcassin. Il reprochant notamment à la justice de ne pas avoir regardé la vidéo : « En voyant les images, ils auraient constaté qu'on est loin du danger prétendu que pouvait représenter Hercule. Il marchait au pied des chasseurs, sentait leurs chaussures. L'argument du tireur ne tient pas. En plus, il y avait un risque que la balle ricoche car les autres chasseurs étaient juste à côté ! On les voit ! »

Le jeune marcassin a dû confondre les chasseurs, vêtus de chasubles fluo, avec Alain Martin, absent ce jour-là, mais qui porte souvent lui aussi une veste rouge.

Une pétition réunit 117 000 signatures

Alain Martin n’est pas le seul à s’insurger. Une pétition en ligne, intitulée Justice pour Hercule a réuni 117 000 signatures est adressée au président Macron, au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et au ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.

Plus étonnant, du côté des chasseurs aussi, le classement de cette affaire dérange. Si le tireur mis en cause a immédiatement été expulsé de la société de chasse dont il était sociétaire, cette dernière en a assez que leur confrérie soit « lynchée à chaque fois qu'un abruti fait n'importe quoi ».

Même son de cloche du côté de la fédération de chasse de Seine-et-Marne, dont le Président Benoit Chevron a précisé au Parisien : « On aurait aimé que le tireur soit sanctionné et condamné par la justice. Maintenant, selon notre avocate, on ne peut plus déposer plainte une fois l'affaire classée. Les chasseurs présents ce jour-là ont averti le président de leur société qui a expulsé définitivement la personne. Mais j'ignore si le permis de chasse lui est retiré à vie ».

Quant à avoir eu « peur » pour justifier son tir, Benoit Chevron démonte l’argument : « La peur n'est pas une excuse. Un chasseur porteur d'une arme doit garder son sang-froid. Si son arme était en plus chargée, il y a faute supplémentaire. Mais la vidéo ne permet pas de voir s'il l'a chargée avant ou pas. »

Selon la procureure de Melun, Béatrice Angelelli, « il n'y aura pas de réouverture d'enquête ».

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