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Info locale

Prison ferme requise contre un policier des Lilas

21 novembre 2017 à 09h59 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Commons.wikimedia.org

La vidéo amateur avait fait le tour des réseaux sociaux en mai dernier. Ce soir-là aux Lilas (Seine-Saint-Denis), un policier avait frappé un homme à terre, l’accusant de lui avoir craché au visage et d’avoir uriné sur sa voiture. Un an de prison, dont six mois ferme, a été requis à son encontre lundi à Bobigny.

Dans cette affaire où « la police ne protège pas mais agresse », « j’ai honte » ! Ce sont les mots du procureur de la république de Bobigny, Loïc Pageot. Il a requis un an de prison dont 6 mois ferme à l’encontre d’un policier des Lilas. Un soir de mai dernier, vidéo à l’appui, le fonctionnaire est accusé d’avoir violement frappé un homme en pleine tête alors qu’il est au sol. Il l'accusait de lui avoir craché au visage et d'avoir uriné sur sa voiture. Le parquet a aussi requis cinq ans d’interdiction d’exercer à l’encontre du policier, né en 1985, et poursuivi pour violences aggravées avec Incapacité totale de travail (ITT) de moins de huit jours.

Six mois de prison avec sursis et six mois d’interdiction d’exercer ont été requis contre un second policier, filmé aux côtés du premier, sans intervenir. Agé de 27 ans, il est poursuivi pour non-assistance à personne en péril.

Deux versions s’affrontent

Les faits remontent au 27 mai 2017. Entre 1h et 2h du matin, Elvis, la quarantaine, rentre chez lui après une soirée alcoolisée. Il s’arrête dans une sandwicherie, passe commande et va attendre dehors qu’elle soit prête. C’est là que les versions divergent. Selon Elvis, le policier arrive, dit : « "contrôle d’identité" ». Il répond « Pour quel motif ? ». Là, « il m’a poussé par terre, sans explication ». Puis il reçoit des coups.

Le policier, qui reconnaît avoir porté les coups, assure au contraire qu’Elvis a uriné sur la voiture, avant de lui cracher au visage. Selon le fonctionnaire, qui craignait d’avoir une hépatite, la salive a atteint sa bouche. « Il m’a dit "je suis malade" », « j’ai perdu mes moyens ». Selon les deux policiers, l’homme se relève. Ils s’en vont, s’en prévenir les secours, ni faire pas de rapport sur l’incident. Elvis dit être resté au sol « sonné ». 

Après la diffusion des vidéos amateurs sur les réseaux sociaux, le parquet de Bobigny avait saisi l’IGPN et le policier poursuivi pour violences avait été suspendu.

La vidéo amateur comme arme contre les violences policières

Pour le procureur, « aucun élément ne permet d’apporter la preuve » des provocations dénoncées, les avocats des policiers, qui ont dénoncé des peines requises « disproportionnées », ont mis en avant des témoignages d’employés de la sandwicherie allant dans le sens des dires du policier.

À cette même audience au tribunal de Bobigny, une autre affaire, impliquant aussi un fonctionnaire du commissariat de Lilas, a montré le rôle joué par les vidéos amateurs dans les procédures de violences policières. Cette fois, c’est un policier qui est poursuivi pour violences avec ITT de plus de huit jours, pour avoir décoché deux coups de poing à un lycéen, en béquilles en raison d’un handicap, lors d’un contrôle en septembre 2016.

L’affaire avait été classée, avant que la vidéo ne soit portée à la connaissance du parquet. Le fonctionnaire, contre qui trois mois de prison avec sursis et quatre mois d’interdiction professionnelle ont été requis, est agrippé par le jeune de 15 ans. Il n’a pas à ce moment connaissance de son handicap et dit avoir porté les coups par « réflexe ». Décision le 18 décembre pour les deux affaires.