Vive émotion devant la suspension du compte Twitter de Mila pour "harcèlement"

VOLTAGE
Crédit: Twitter @magicalorrs

15 mars 2021 à 13h30 par Iris Mazzacurati

Le compte de l'adolescente iséroise Mila, devenue l'un des symboles des persécutions sur internet, a été brièvement suspendu dimanche 14 mars pour "harcèlement" par Twitter qui, devant l'émotion suscitée, est revenu le lendemain sur sa décision.

La jeune fille, qui compte plus de 20 000 abonnés, avait posté en soirée de vieux dessins d'enfance, avant d’être la cible de milliers de messages d'insultes et de menaces tels que "sale pute", "sale gouine", "sale islamophobe", a indiqué son avocat Richard Malka.



A l’hebdomadaire Le Point, Mila affirme avoir répondu à certains, traitant l'auteur de l'un d'eux de "puceau frustré", ce qui pourrait être à l'origine de sa suspension par le réseau. 

"C'est invraisemblable, elle n'est que victime", a relevé Me Malka, en dénonçant "une plateforme de l'arbitraire qui refuse d'appliquer les lois françaises, un réseau sans foi ni loi".

"C’est comme si vous étiez agressé dans la rue et qu’on vous condamnait pour agression", a-t-il ajouté.

Sur la page de @magicalorrs, une pastille blanche a remplacé pendant quelques heures la photo de profil de la jeune fille tandis que le message "Twitter suspend les comptes qui enfreignent les Règles de Twitter" s’affichait.

« Une erreur », reconnaît Twitter

Interrogé par l'AFP, la société américaine a reconnu "une erreur". La décision d'intervenir a été "annulée et l'accès au compte a été rétabli". Ce qui était effectivement le cas en fin de matinée lundi.

La suspension a suscité bon nombre de réactions sur cette même plateforme.

"#Mila @magicalorrs poste un dessin d’enfant, se fait immédiatement conspuer et harceler.

Twitter, n’écoutant que son courage qui ne lui disait rien, bloque le compte de la victime sous les applaudissements fanatiques des sycophantes haineux. @TwitterFrance vous devriez avoir honte", a réagi la Licra.



L’écrivain Raphaël Enthoven a lui posté : "Rendez-nous @magicalorrs ! Quand une femme est menacée de mort, c'est elle qu'on protège. Pas les assassins putatifs (attention, les cons : ceci n'est pas une insulte).#Mila"



Pour le secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique Cédric O, "le rétablissement du compte de @magicalorrs par @TwitterFrance intervient trop tard : la double peine pour #mila, constamment harcelée. Pour protéger les victimes en ligne, la régulation des réseaux sociaux est une priorité du @gouvernementFR".





(Avec AFP)

I