PlayStation : la fin du disque, une page qui se tourne

Publié : 14h41 par Ludovic VILAIN

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Sony a officialisé, le 1er juillet, l'arrêt de la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Une décision qui bouleverse joueurs, collectionneurs et enseignes spécialisées.

L'annonce a été publiée directement sur le blog officiel de PlayStation. À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux ne seront disponibles que sous forme numérique, que ce soit sur le PlayStation Store ou chez les revendeurs, une transition qui ne concerne pas les jeux déjà sortis ou prévus en disque avant cette date. Sony justifie ce virage par l'évolution des préférences de consommation, la demande pour le numérique dépassant désormais largement celle pour le physique. Un chiffre confirme la tendance : au dernier trimestre de l'exercice 2025, 85 % des ventes de jeux complets sur PS4 et PS5 étaient déjà numériques. La mesure concerne l'ensemble du catalogue à venir, y compris les jeux tiers, et pas seulement les productions maison de Sony.

Joueurs et collectionneurs sous le choc

La nouvelle a provoqué une vague de réactions immédiates sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup de collectionneurs, le disque représentait le dernier lien tangible avec la possession réelle d'un jeu : un titre uniquement numérique ne s'achète pas vraiment, il se "loue" sous forme de droit d'utilisation. Le timing interroge aussi, puisque l'annonce arrive juste après la polémique autour de GTA VI, dont l'édition physique annoncée par Rockstar ne contiendra en réalité qu'un simple code de téléchargement, sans disque. Autre inquiétude soulevée par les passionnés : la conservation du patrimoine vidéoludique, un jeu dématérialisé restant entièrement dépendant des serveurs de l'éditeur, avec un risque de perte d'accès si une plateforme venait à fermer.

Micromania, déjà fragile, en première ligne

Pour les enseignes spécialisées, le choc s'annonce rude. Micromania, qui compte beaucoup sur le marché du neuf comme de l'occasion, va directement subir les conséquences de cette bascule. L'enseigne, filiale du groupe GameStop, était déjà en difficulté avant cette annonce : elle compte encore entre 300 et 400 boutiques en France, un réseau coûteux à maintenir, alors que sa maison mère l'a mise en vente sans repreneur assuré, et que ses magasins allemands ont fermé début 2025. Elle avait pourtant tenté de réagir en lançant Retromania, son service de rachat et revente de jeux d'occasion en boutique, mais la fin des nouveaux disques va progressivement tarir cette activité. Les autres grandes surfaces, elles, devraient mieux résister en se contentant de vendre des codes de téléchargement en rayon.

Reste une question en suspens : Xbox et Nintendo suivront-ils le mouvement ? Pour l'instant, aucun des deux constructeurs ne s'est exprimé, mais l'industrie s'attend à un effet domino dans les mois à venir.