Mayou Picchu, la DJ qui féminise les platines

Publié : 13h55 par Ludovic Vilain

Crédit image: Instagram@mayoupicchu

Grooves ensoleillés, house percussive et engagement sans failles : Mayou Picchu s'impose sur la scène électronique avec un projet qui dépasse largement le simple mix. Derrière les deck, une vision, un collectif, et une mission : ouvrir la porte à toutes.

Very Disco, bien plus qu'un collectif

Tout commence par un voyage à Ibiza. Mayou Picchu y découvre une culture où le DJ est au cœur de la nuit, et rentre à Paris avec une certitude : elle veut mixer. De là naît Very Disco, marque et collectif qu'elle fonde pour mettre en lumière la culture DJ sous toutes ses dimensions — de la fête à la transmission. Désormais résidente au Sacré et au Badaboum, deux clubs incontournables de la nuit parisienne, elle exporte aussi son énergie jusqu'à Ibiza. L'une de ses dates les plus marquantes reste la grande soirée de clôture du Centre Pompidou organisée par Because Music, où elle a mixé aux côtés de Thomas Bangalter et Fred Again devant 3 000 personnes. Une consécration pour celle qui se revendique sans complexe « Very Disco Queen ».

More Girls Behind Decks : 400 candidatures pour 20 places

Sous l'étendard Very Disco, Mayou Picchu porte l'initiative qui fait aujourd'hui le plus parler d'elle : More Girls Behind Decks. L'objectif ? Féminiser le monde du DJing et du clubbing, en créant des espaces où la parole des femmes résonne. Les ateliers se déroulent en deux temps : d'abord un talk où des DJs professionnelles partagent leur parcours — les obstacles rencontrés, les premiers gigs obtenus — puis une partie pratique sur Rekordbox et platines CDJs. Résultat : plus de 400 candidatures à chaque édition pour seulement 20 places disponibles. Un engouement qui prouve que la demande est immense, et que le projet répond à un vrai manque.

Connecter, inspirer, ouvrir des portes

Ce que Mayou Picchu retient avant tout de ces ateliers, c'est les participantes qui échangent leurs contacts, créent des liens, se retrouvent ensuite en soirée. Elle ne laisse pas les filles des workshops « dans la nature » : certaines ont même mixé dans le cadre de sa résidence au Badaboum, et d'autres ont été invitées à jouer au Sacré. More Girls Behind Deckss'est déjà exporté à Marrakech, et vise prochainement Lyon et Bruxelles, en s'appuyant à chaque fois sur les acteurs des scènes locales pour créer des ponts là où il n'en existe pas encore.

Une sélection solaire et percussive

Côté platines, un set de Mayou Picchu, c'est une invitation à danser. Groovy, percussif, chargé de vocaux, il passe de la house à la tech house avec une fluidité naturelle. Sa devise ? « Faites-moi confiance, ça va bien se passer. » Une artiste à suivre de près, qui prouve chaque soir que derrière les decks, c'est aussi une affaire de femmes.