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Info locale

Attention à la pollution dans les crèches et les écoles franciliennes

17 novembre 2017 à 10h13 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Capture d'écran Google Maps - Groupe scolaire les Terrasse - Avon - Seine-et-Marne

L’association Robin des Bois vient de publier une étude qui montre que près de la moitié des établissements, qui accueille un jeune public en Ile-de-France, a été construit sur ou près de sites pollués. Sur les 171 établissements diagnostiqués à Paris et en banlieue, l’association en a recensé 58% à surveiller et 4% qui doivent faire l’objet d’aménagement pour limiter l’exposition à des polluants.

Robin des Bois publie les synthèses des diagnostics des établissements accueillant des enfants et adolescents en Ile-de-France et des crèches et haltes garderies à Paris intra-muros. Ces diagnostics concernent les établissements bâtis à l’aplomb, en contiguïté ou à proximité immédiate d’installations industrielles ou d’activités commerciales historiques susceptibles d’avoir durablement contaminé les sols et les eaux souterraines.

Cet inventaire résulte d’une campagne nationale déployée depuis 2012-2013 sous la responsabilité du Ministère de l’écologie. Ces campagnes de vérification et de dépistage des pollutions historiques dans les écoles intéressent aussi les riverains. Selon leur situation géométrique et hydraulique, ils peuvent être dans une situation égale, allégée ou aggravée par rapport à l’établissement sensible diagnostiqué.

Après en avoir fait la demande aux services de l’Etat et obtenu l’avis favorable de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA), Robin des Bois a reçu en octobre 2016 123 diagnostics pour les établissements accueillant des enfants en Ile-de-France depuis la crèche jusqu’au lycée et 40 diagnostics pour Paris intra-muros concernant exclusivement des crèches et haltes garderies.

Pour l’Ile-de-France hors Paris intra-muros :

– 58 % des établissements doivent faire l’objet d’une vigilance renforcée sur le long terme pour maintenir en bon état les dalles de béton et autres revêtements de sols ainsi que les vides sanitaires de manière à réduire le transfert des polluants sous forme de poussières ou d’émanations dans les salles de classe, les cours de récréation et les logements de fonction.

– 4% des établissements doivent faire l’objet d’aménagements ou de précautions d’usage comme la fermeture des jardins pédagogiques, l’amélioration de la ventilation et la recherche de la source de pollution. Il est parfois recommandé de laisser couler l’eau des robinets plusieurs minutes avant de l’utiliser.

– Un établissement mérite un lever de doute radiologique. Le collège Sainte-Thérèse au Mesnil-Saint-Denis dans les Yvelines a été construit sur l’emprise d’une entreprise ayant mis en œuvre des radioéléments artificiels.

Pour Paris intra-muros :

– 52 % des crèches et haltes garderies doivent l’objet d’une vigilance renforcée.

– 23 % des crèches et haltes garderies doivent l’objet d’aménagements et de précautions d’usage.

Les polluants majeurs sont les hydrocarbures, les solvants chlorés et le plomb. A cet égard, Paris intra-muros détient le record avec une concentration en plomb de 1400 mg/kg dans les sols du jardin pédagogique d’une crèche. La bonne qualité de l’eau, des sols, de l’air dans les établissements accueillant des enfants et des adolescents est primordiale.

Il ne suffit pas de fermer les portes, de purger les robinets et de condamner des pièces

Les polluants ont des impacts sur le développement du cerveau, du système nerveux, du squelette et peuvent avoir des effets différés sur les capacités de reproduction. Pourtant, faute de moyens financiers mais sans doute aussi parce que les résultats des premières vagues de diagnostics sont plus perturbateurs que prévu, cette campagne pionnière est pour le moment interrompue. Les écoles primaires et les lycées à Paris intra-muros ne sont plus soumis à cette opération de dépistage.

Il ne suffit pas de fermer les portes, de purger les robinets, d’ouvrir les fenêtres et de condamner des pièces. Il faut extraire les sources de pollution. Le problème de la Mairie de Paris et des autres collectivités, c’est qu’une dépollution coûte cher, oblige à fermer les établissements et dure plusieurs mois ou années.

La construction d’établissements scolaires sur des sites pollués doit être évitée

La fermeture cette semaine du collège Saint Exupéry à Vincennes (Val de Marne) à l’occasion de travaux d’extension, une pollution par des solvants chlorés à été mise en évidence et a rappelé aux autorités les anciennes activités industrielles en contiguïté du site au début du XXème siècle. A tort, ce collège n’était pas sur la liste des établissements à diagnostiquer.

De même, le groupe Jules Ferry à proximité immédiate de l’usine SNEM à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a échappé jusqu’alors aux diagnostics alors que l’emprise de la SNEM a été exploitée depuis 1928 par de nombreux industriels.

Selon la circulaire du 8 février 2007 émise par le Ministère de l’écologie, la construction d’établissements scolaires sur des sites pollués doit être évitée. Cette circulaire n’est pas strictement appliquée et à titre d’exemple, le collège Confluence d’Ivry-sur-Seine a été achevé en 2015 et n’ouvrira pas avant la rentrée 2018 suite à la mauvaise évaluation initiale de la pollution au mercure. Le collège a été construit à l’aplomb d’une ancienne usine de lampes Philips.