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Info locale

Paris à 30 km/h maximum: c’est pour bientôt !

15 septembre 2017 à 10h35 Par Mikaël Livret
Crédit photo : DR

D’ici la fin de l’année, 14 arrondissements seront en zone 30. Et en 2020 c’est 85 % de la voirie parisienne, soit près de 1 500 km de rues, qui sera concernée par cette limitation de vitesse.

Et si la vitesse était limitée à 30 km/h partout dans la capitale ? Ce sera le cas très bientôt si l’on en croit les décisions annoncées par la mairie de Paris. Quatorze arrondissements devraient en effet être transformés en «zones 30» d’ici à la fin de l’année. Une délibération sera votée en ce sens au prochain Conseil de Paris des 25 et 26 septembre, permettant de réaliser de nouvelles transformations dans les Ve, VIe, VIIIe, Xe, XIVe, XVe, XVIIe et XVIIIe arrondissements durant tout l’automne.

A coups de pistes cyclables dessinées au sol, de trottoirs élargis, ou encore de carrefours surélevés, la mairie de Paris entend «apaiser» la circulation et permettre un meilleur partage de la rue entre piétons, cyclistes, autos et camions. Et en 2020 c’est 85 % du territoire parisien qui passera en «zone 30». Seuls les «axes principaux» comme les maréchaux ou les grandes avenues comme les Champs-Elysées verront leur vitesse de circulation maintenue à 50 km/h. Soit à peine 15 % de la voirie parisienne.

Vitesse moyenne dans Paris : 15 km/h

À la mairie on se défend de toute vandetta contre les automobilistes. «Tout ceci est règlementaire. Nous ne faisons qu’appliquer le Code de la route !» se défend par avance Christophe Najdovski, adjoint (EELV) chargé des transports. «La vitesse moyenne de circulation à Paris est de 15 km/h», rappelle l’élu. Le classement en zone 30 de tout Paris ne devrait donc pas transformer la capitale en une ville qui marche au ralenti mais plutôt en un centre citadin où les usagers se verront mieux et cohabiteront plus sereinement. A l’image des contre-sens cyclables qui sont généralisés à l’ensemble des rues parisiennes à quelques exceptions près.

La capitale ne compte pas s’arrêter là

Les aménagements réalisés incitent bien sûr à lever le pied mais surtout à être plus prudent. Lors d’un choc entre une auto et un piéton à 30 km/h, la collision n’est pas mortelle à 80 %. Alors qu’à 50 km/h si ! La capitale ne compte pas s’arrêter là. Ponctuellement, en fonction des demandes exprimées par les riverains et élus localement, des tronçons de voies pourront être piétonnisés où transformés en « zones de rencontre ». L’automobiliste sera alors prié de réduire sa vitesse à 20 km/h et le piéton sera prioritaire.

Ces nouvelles limitations vont -elles s’accompagner de nouveaux radars dans la capitale ? A priori non. « Nous comptons d’abord et avant tout sur le civisme des gens », résume Christophe Najdovski.

Qui est concerné ?

Tout le monde ! A l’exception bien sûr des véhicules prioritaires en intervention, tous les conducteurs de véhicules seront tenus de rouler à 30 km/h en dehors des grands axes parisiens. Automobilistes, taxis, chauffeurs de bus, routiers, pilotes de motos ou de scooters et les cyclistes, même si ces derniers sont peu nombreux à avoir les capacités physiques nécessaires pour dépasser la vitesse limite. Quant aux vélos électriques ils sont bridés pour que l’assistance au pédalage se coupe à partir de 25 km/h.

De nouveaux radars dans les zones 30 ?

Les usagers de la route parisiens vont-ils lever le pied ? Pas sur compte tenu de la faiblesse du dispositif actuel de contrôle. Les radars fixes qui ont poussé comme des champignons dans la capitale (on en compte désormais près de 40) sont pour la plupart implantés sur le périphérique. Intra-muros, on trouve essentiellement des radars « feux rouges» et ceux qui mesurent la vitesse se trouvent sur des axes qui resteront à 50 km/h.

Pour quels effets ?

Un moyen de réduire la pollution ? C’est l’un des résultats recherchés. Mais l’effet direct de la généralisation des zones 30 sur la pollution sera sans doute difficile à démontrer. Moins d’accidents à redouter ? L’abaissement des vitesses de circulation devrait logiquement se traduire par une baisse du nombre d’accidents dans Paris. L’an dernier, 40 personnes ont trouvé la mort dans les rues de la capitale contre 47 l’année précédente. Mais le nombre de piétons tués – la première catégorie de victimes, loin devant les conducteurs de deux-roues et les cyclistes — a lui augmenté de près de 9,5 % entre 2015 et 2016 (passant de 21 à 23 morts) alors même que les zones 30 gagnaient du terrain dans la capitale durant la même période.