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Tom, SDF à Paris : vivre dans les transports, c’est « avoir perdu goût à sa dignité »

20 novembre 2019 à 14h25 Par Virgil Bauchaud
Chaque jour en moyenne, 300 SDF vivent dans les couloirs des RER et métro.
Crédit photo : Pexels

Alors que les températures sont passées en dessous des 10° en Ile-de-France, de nombreux SDF trouvent refuge dans les transports, comme le dévoilait une étude. D’autres refusent d’aller en souterrain et restent dehors. L’un d’eux a accepté de nous dire pourquoi et de se confier sur son quotidien.

Ils font partie du quotidien des Franciliens. Chaque jour en moyenne, 300 SDF vivent dans les couloirs des RER et métro. Le chiffre a été dévoilé cette semaine par la RATP et Ile-de-France Mobilités. Pour mettre ces personnes à l’abri, deux « maisons solidaires » vont ouvrir cet hiver dans les Hauts-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux et Clichy-la-Garenne. Mais une fois sorti des transports Franciliens, les sans-abris restent très nombreux dans les rues. Certains refusent d’ailleurs d’aller se réfugier sur un quai.

C’est le cas de Tom*, 35 ans, qui a ses habitudes en plein Paris, dans le quartier de Châtelet. Sous son bonnet et recroquevillé pour garder la chaleur corporelle, il a accepté de se confier. « Dans les transports c’est moins évident, il y a un état d’esprit pour faire ça. D’avoir perdu goût à sa propre dignité, ne pas se soucier du regard des gens qui passent. Quelqu’un qui n’a pas envie de gêner les gens, il sait très bien que sa situation ne regarde que lui », explique pudiquement Tom.

« Les gens ont plus froid aux mains »


Si les transports représentent pour lui un manque d’intimité, il n’ira pas chercher de chaleur non plus du côté des centres d’hébergement : « j’ai déjà mis 40mn pour avoir quelqu’un au 115. Et on dit des choses qui ne donnent pas envie. Là-bas c’est insalubre, on peu choper des maladies, les gens piquent les affaires… ».

Et l’hiver qui arrive représente une période redoutée. Avec les températures qui baissent déjà, « c’est plus difficile, les gens ont plus froid aux mains » et passent plus facilement leur chemin selon le trentenaire. Pour autant, la solidarité lui permet parfois de se faire offrir un café ou de se faire héberger « une nuit ou deux » chez des connaissances. En cas de grand froid cette année, 7.000 places d’hébergement d’urgence supplémentaires seront ouvertes en Ile-de-France. Insuffisant, puisque douze associations appellent ce mercredi à de nouvelles ouvertures de places. Selon elles, 700 enfants dorment dans la rue avec leurs parents à Paris.

*son prénom a été modifié pour préserver son anonymat.