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Un enseignant jugé pour avoir eu une liaison avec une élève

27 novembre 2017 à 10h16 Par Mikaël Livret
Crédit photo : Capture d'écran Google maps

Un enseignant de collège est jugé ce lundi pour « corruption de mineur de moins de 15 ans » à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Âgé de 31 ans, il est accusé d’avoir entretue une relation amoureuse avec une collégienne de 14 ans. S’il se dit amoureux, la mère de l’adolescente est persuadée que sa fille « a été manipulée ». Le procès a lieu en plein débat sur l’âge du consentement sexuel.

Un amour interdit. L’affaire jugée ce lundi au tribunal correctionnel de Fontainebleau (Seine-et-Marne) illustre le débat actuel sur la notion de consentement sexuel pour un mineur. Un enseignant du collège Fernand-Gregh, de Champagne-sur-Seine (Seine-et-Marne), âgé de 31 ans, est jugé pour avoir eu une relation amoureuse et sexuelle de cinq mois avec une ancienne élève, Emilie, âgée de 14 ans.

L’adolescente, après avoir revendiqué son amour pour son professeur lors de son audition devant les enquêteurs, pourrait revenir sur ses déclarations à l’audience. Sa mère est persuadée que sa fille « a été manipulée ».

Le 5 novembre, son beau-père aperçoit le professeur devant leur domicile. Depuis deux jours, la mère, Jennifer, est au courant de cette relation. Fou de rage, le beau-père prend le volant du véhicule de l’enseignant. Il s’ensuit une altercation violente au cours de laquelle le professeur est blessé à la tête. Le beau-père, qui a tenté de l'amener de force au commissariat, sera jugé en février pour vols, séquestration et coups et blessures.

C’est une histoire d’amour, mais c’est surtout un délit !

L’enseignant ne nie rien quand les policiers de la sûreté départementale, chargés de la protection des mineurs, qui dissèquent les messages dans les ordinateurs et les téléphones des deux protagonistes, l’interrogent. « C’est une histoire d’amour, mais c’est surtout un délit ! » souligne le procureur du tribunal de Fontainebleau, Guillaume Lescaux. « Je l’aime. Emilie est très mature pour son âge, habituée à prendre en charge ses jeunes sœurs. Je ne l’ai forcée à rien », se défend le professeur.

D’amour, il n’en est pas question pour Jennifer. « Ma fille a été amoureuse d’un homme qui avait un masque. C’est un adulte séduit par une enfant, c’est répugnant. Il lui parlait de sexe très crûment, il l’empêchait d’aller voir ses copains », affirme la mère, âgée de 32 ans. A la demande de celle-ci, l’avocate de l’adolescente devrait demander le huis clos. La mère espère aussi obtenir le renvoi de l’audience, en présentant des messages de l’enseignant, selon elle, non pris en compte dans l’enquête et qui le présenteraient sous un jour plus inquiétant. « Il y a eu expertise psychologique et psychiatrique. L’enquête est complète », estime le procureur.

Convaincu d’être condamné, il devrait démissionner avant que l’administration ne le sanctionne. Devant le tribunal, il est poursuivi pour « corruption de mineur de 15 ans et atteinte sexuelle » par personne qui abuse de l’autorité conférée par sa fonction. Il encourt dix ans de prison et 100 000 euros d’amende. Il fait l’objet d’une obligation de soins et a interdiction d’entrer en contact avec l’adolescente.

Emmanuel Macron a plaidé pour un seuil à 15 ans

La qualification avait déjà suscité la colère d’associations de défense des enfants, lors d’une affaire similaire dans le Val-d’Oise. Pour elles, on ne peut pas considérer qu’en l’absence de violences une relation sexuelle entre un adulte et un mineur est consentie. Après plusieurs polémiques (dont la décision récente d’acquittement à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) d’un homme poursuivi pour viol sur une fillette de 11 ans), le gouvernement a lancé une réflexion sur la création d’un âge minimal en dessous duquel le consentement est impossible. Samedi, le président de la République Emmanuel Macron a plaidé pour un seuil à 15 ans.