Paris : prison avec sursis pour trois pompiers qui avaient filmé un homme empalé sur un poteau

Prison avec sursis pour trois pompiers qui avaient filmé un homme empalé sur un poteau
Le tribunal correctionnel de Paris leur inflige des peines allant de 2 à 4 mois de prison.
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30 novembre 2021 à 15h44 par Lucas Pierre

Trois pompiers ont été condamnés à 2 à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris ce mardi. Ils sont jugés pour avoir filmé un jeune homme de 26 ans agonisant à l'hôpital qui s'était empalé sur un poteau après s'être défenestré. Deux policiers avaient déjà été condamnés à des peines de prison avec sursis au mois de février 2021 dans cette affaire.

Trois anciens pompiers de Paris, jugés pour avoir filmé et diffusé des images de l'opération d'un jeune homme qui s'était empalé sur un potelet de trottoir après une défenestration, ont été condamnés mardi à des peines de deux à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. Un seul prévenu s'est présenté à l'audience. Les faits remontent au 27 septembre 2018. Ce soir-là, un jeune homme de 26 ans avait sauté du 6e étage de son immeuble et s’était empalé sur un poteau dans une rue. L'homme, fragile psychologiquement et sous traitement médical, était finalement mort à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine).

Quelques jours après, des images de son agonie, au bloc opératoire, avaient circulé sur les réseaux sociaux, dont une vidéo dépeignant l'extraction du potelet du corps inanimé du patient nu, sous les exclamations d'un membre de l'assistance. Deux médecins qui appartenaient aux pompiers de Paris et un ex-soldat du feu, aujourd'hui âgés de 29 et 30 ans, étaient jugés pour avoir fixé ou transmis sans son consentement l'image de la victime se trouvant dans un lieu privé. La mère du jeune homme décédé a réprouvé avec gravité leurs agissements: "On ne peut pas laisser faire ce genre de transgression insupportable", avait-elle dit lors du procès en octobre. 

L'enquête, basée notamment sur 35 témoignages, a montré que les trois militaires avaient pris photos et vidéos dans la salle de déchoquage avec leurs téléphones, et les avaient partagées à des confrères soignants ou pompiers, notamment sur WhatsApp. Lors du procès, les prévenus et leurs avocats avaient affirmé que ces partages avaient été effectués à des fins de "retex" ("retour d'expérience") pour "améliorer la prise en charge" de victimes dans une situation similaire. "Cette vidéo n'a rien d'un retex", s'est emportée l'avocate des deux frères du défunt. "On comprend tous, bien sûr, que dans les milieu médicaux, à force d'être aux prises avec des scènes difficiles, les coutures pètent un peu (...) mais qu'on ne vienne pas nous dire avec un ton d'expert-comptable qu'on a fait ça dans le cadre d'une démarche précise", avait soutenu Me Orly Rezlan. En février 2021, deux policiers avaient déjà été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir diffusé des images de la chute du jeune homme sur le poteau, issues de la vidéosurveillance de la rue.

 

(Avec AFP)