Paris : le projet de la Tour Triangle visé par une enquête du parquet national financier

Tour Triangle
Le projet avait été rejeté en 2014 puis approuvé en 2015 à une courte majorité.
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11 octobre 2021 à 13h04 par Lucas Pierre

Une enquête a été ouverte par le parquet national financier au mois de juin dernier pour des soupçons de favoritisme dans le cadre du projet de construction de la Tour Triangle, à Paris. Un signalement avait déjà été émis par Rachida Dati alros qu’Anticor avait déposé plainte au début de l’année.

Le parquet national financier (PNF) a ouvert en juin une enquête préliminaire sur des soupçons pour « favoritisme » et « recel de favoritisme » autour du projet de la Tour Triangle, qui doit être construite à Paris, a indiqué lundi une source judiciaire, confirmant une information du Parisien. La maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati, avait fait en juillet 2020 un signalement à la justice sur ce projet, qui suscite depuis des années de vives contestations, tandis que l'association Anticor avait déposé une plainte avec constitution de partie civile en février 2021. 

Aussi bien madame Dati qu'Anticor s'appuyaient sur un rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France de juillet 2020 concernant le Parc des expositions de la Porte de Versailles, situé dans le sud de la capitale. Ce rapport estimait que le projet de la Tour triangle, un édifice prévu pour faire 180 mètres de haut et 42 étages, avait été « inséré de façon critiquable dans l'enceinte du Parc des expositions de la porte de Versailles ». En outre, pour réaliser ce projet, la ville de Paris a accepté d'indemniser le concessionnaire du parc des expositions, Viparis (filiale d'Unibail-Rodamco), à hauteur de 263 millions d'euros « pour un préjudice non démontré », a-t-elle également pointé. 

Un projet né sous Bertrand Delanoë

La ville a certes résilié sa concession de manière anticipée, mais lui a attribué un nouveau contrat lui permettant de continuer à exploiter les installations. Ce contrat a été attribué « dans des conditions en partie contestables », souligne également le rapport. Outre des délais de dépôt d'offre courts, compte tenu de la complexité du projet, la ville de Paris a demandé aux candidats un droit d'entrée de 263 millions d'euros. Elle a accepté que Viparis s'acquitte de cette somme en « renonçant à l'indemnité de résiliation anticipée de la concession », alors que l'autre candidat devait « autofinancer » ce droit d'entrée, selon cette source. La ville de Paris « s'est ainsi privée d'une ressource nette tout en provoquant une distorsion de concurrence pour l'attribution du nouveau contrat », observait la chambre régionale des comptes.

L'idée de ce projet est née en 2008 sous la mandature du maire socialiste Bertrand Delanoë. Il avait été une première fois rejeté en novembre 2014 puis approuvé avec quelques modifications par le Conseil de Paris le 30 juin 2015, à une courte majorité.

 

(Avec AFP)

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