Une infirmière condamnée pour violences contre des policiers

Le verdict a été prononcé hier par la cour d'assises des Deux-Sèvres.
Le verdict a été prononcé hier par la cour d'assises des Deux-Sèvres.
Crédit: Pixabay - Photo d'illustration

14 septembre 2021 à 15h18 par Iris Mazzacurati

Elle était poursuivie pour avoir jeté des morceaux de bitume sur des policiers lors d'une manifestation de soignants, à Paris en juin : une infirmière hospitalière a été condamnée ce mardi 14 septembre, à une peine d'amende de 1 000 euros avec sursis.

Farida C., 51 ans, a été condamnée pour des "doigts d'honneur" et des "violences n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail" contre plusieurs dépositaires de l'autorité publique. Cependant cette condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire qui reste donc vierge. 

Elle devra verser 100 et 200 euros de dommages et intérêts à deux policiers, parties civiles au dossier, pour le préjudice moral subi. 

La soignante a, en revanche, été relaxée des chefs de "résistance violente" et "outrages". Une décision "inespérée", a commenté son avocat Arié Alimi.

Deux mois de prison de sursis avaient été requis lors de son procès le 22 février, marqué par la mobilisation de dizaines de soutien, à l'intérieur comme à l'extérieur du tribunal de Paris.

"La justice reconnaît notre souffrance, (...) a entendu notre exaspération", s'est félicitée Farida C., "très satisfaite" de cette décision. 

"C’était symbolique"

"Il faut lutter ensemble pour sauver le service public et non pas toute seule, ce n'était pas très efficace", a-t-elle concédé, parlant de gestes "qui n'étaient pas prémédités". "Mais quand vous êtes en colère, vous ne réfléchissez pas à ce que vous faites", a-t-elle ajouté, estimant avoir "été contaminée par la violence de la police" ce jour-là.

La mère de famille, qui travaillait alors à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), avait été interpellée le 16 juin 2020 quelques minutes après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d'honneur en direction des forces de l'ordre, sur fond d'échauffourées à l'arrivée du cortège de soignants sur l'esplanade des Invalides à Paris.

C'était trois mois après le début de l'épidémie de Covid-19. "J'étais exténuée, j'avais perdu la moitié de mes patients, ce n'est pas contre la police que j'ai jeté le bitume, c'était symbolique", avait argué la prévenue à la barre.

Relayées à l'époque sur les réseaux sociaux, des vidéos de la scène avaient été diffusées à l'audience. On y voit l'infirmière en blouse blanche en train de jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, avant d'être arrêtée sans ménagement.

On l'entend notamment implorer plusieurs fois les policiers : "donnez-moi ma ventoline, je suis asthmatique". Des images qui avaient suscité la colère de l'opposition de gauche et contraint l'exécutif à monter au créneau pour défendre l'action des forces de l'ordre. Une plainte avait été déposée auprès de l'IGPN.

L'avocate des policiers n'a pu être jointe dans l'immédiat pour commenter la décision.

 

(Avec AFP)

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